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13 août 2014 3 13 /08 /août /2014 14:44

Je vous appelle, beaux copains de l'amertume,

Qui trainez sur le port des corps émerveillés,

Et vous, ma reine, brune amie des grands voiliers

Qui vous parlent d'amour dans les longs crépuscules.

 

Audisio, africain, et jeanne près de toi,

Chère fraternité méditerranéenne,

Sur la terrasse, où tous nos soleils se rejoignent,

Nous nous retrouverons une dernière fois,

 

Venez. L'éternité monte dans le silence

Et l'ombre qui nous prend épuise sa douceur

Ah! ne sentez-vous pas, vivantes, les présences

D'innombrables absents qui nous touchent le coeur?

 

Les vergues arrêtées dans la nuit maritime

Où les étoiles sont la route de demain,

Emeuvent à la mort, sur la porte voisine,

Des femmes appuyées à d'inquiétants destins.

 

Et c'est ce moment-là que choisit pour sa plainte,

Lointain, sur l'autre rive, un accordéon nu

Qui ramasse l'amour de ces femmes atteintes

Et nous porte celui d'un ami inconnu.

 

La détresse muette et l'espoir se mélangent;

Un crime passionnel fleurit sur les pavés.

La barque sans fanal, portant le mauvais ange,

Accoste au coin du port, après minuit passé.

 

Il descend sur le quai et glisse sous les bâches;

Les navires ancrés tremblent de son désir;

Des feux intermittents s'allument et se cachent

Aux masques des maisons de nos anciens plaisirs.

 

Venez, c'est l'heure amère. Au dedans de nous-mêmes

Se lèvent sans un mot de déchirants aveux;

Venez, c'est l'heure seule et terrible où l'on aime

La bouche faible qui vous ferme les deux yeux.

 

Louis Brauquier

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5 août 2014 2 05 /08 /août /2014 09:07

Agé de cent mille ans, j'aurais encore la force

De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir

Le temps, vieillard souffrant de multiples entorses,

Peut gémir : le matin est neud, neuf est le soir.

 

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille,

Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,

Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille

A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu .

 

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore

De la splendeur du jour et de tous ses présents.

Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore 

Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent .   

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 08:57

Qui peut en son esprit comprendre entièrement,

Cette variété de tant, et tant de choses,

Au sein de la nature estroitement encloses,

Et cognoistre leur force et vertu pleinement:

 

Qui peut nombrer les feux de tout le firmament, 

Et les champestres fleurs sur un Printemps decloses,

Qui des lis, des oeillets, des romarins , des roses

Peut le nombre nombrer des le commencement:

 

Qui peut nombrer encor dans la mer orgueilleuse

Des peuples escaillez ceste troupe nombreuse,

Et sonder de son doy les abysmes profonds,

 

Un tel peut le secret de ce secret comprendre,

Qui joint la Déité à notre chair de cendre,

Et à l'homme finy l'Eternité sans fons.

 

Mon âme, il faut partir. Jorge Gimeno. Anthologie de la poésie baroque française

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18 juillet 2014 5 18 /07 /juillet /2014 07:10

Au centre des ténèbres

Un tourbillon se déshabille

Une femme se forme

Pour que la nuit soit blanche

Heureuse d'être nue

D'avoir tout exprimé

Son rôle est accompli

Plus rien ne la tourmente

Elle se sent bien

D'avoir déjoué les énigmes

Elle est debout dans sa victoire

Qui n'a fait que des beaux gestes

S'arracher les voiles

Effacer de la nacre sa buée

Sortir du miroir

En baissant la tête

Chasser la nuit de la vitre

En s'y reflétant

L'art d'éclairer ses profondeurs

L'art de jeter son linge

Sur la face de nuit

L'art d'ignorer les obstacles

L'art de passer à gué

L'art de venir au monde

Sans déchirer la soie

L'art de pousser vers la beauté

Sur les jeunes pousses de ses pieds

L'art d'être la faiblesse

Qui met la force au monde.

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 10:08

Homme en noir

Descendu de la colline

J'ignore ton nom

 

Un cheval d'airain

A tes cotés se penche

Seul tu n'as pas d'armure

 

Ta démarche est singulière

Reconnue au-delà

Du sombre tertre

 

De loin tu t'avances

Immobile en ma mémoire

Sans rejoindre tes pas.

 

Extrait de " Mélancholia si" . Editions Hélices" 2007. Copyraight editions Hélices

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 09:27

Egarés dans la poussière d'un sillon

Vieux tracés oubliés

Nous regardons les larmes

De l'arrière-paysage

 

L'oeil du monde

Sa nuit captive

 

Tu vois,

tout se joue à l'instant des murmures

quand la glaise s'embrase

aux feux de nos cicatrices.

 

Extrait de " Le silence des pierres" . Editions Le nouvel athanor

 

 

 

 

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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 07:54

Encore frissonnant

Sous la peau des ténèbres

Tous les matins je dois

Recomposer un homme

Avec tout ce mélange

De mes jours précédents

Et le peu qui nous reste

De mes jours à venir

Me voici tout entier

Je vais vers la fenêtre

Lumière de ce jour,

Je viens du fond des temps

Respecte avec douceur

Mes minutes obscures,

Epargne encore un peu

Ce que j'ai de nocturne,

D'étoilé en dedans

Et de prêt à mourir

Sous le soleil montant

Qui ne sait que grandir.

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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 05:00

Je suis nègre juif. Je suis juif allemand

Sous ma peau battent des tambours occitans

Dans mes veines errent des reines d'Orient

Je suis cracheur de feu, voleur d'étincelles,

Ramasseur d'ordures,

Je suis gris comme l'avenir promis

Je suis blanc comme neige

Noir d'angoisse

Je suis cheyenne et sorcier hopi

J'appartiens à la race des rebelles

Aux peuples aux semelles de vent

Je n'appartiens à personne

Sinon à la conjuration des égaux

A la conspiration des poudres noires  

A la race des soleils fusillés 

Identiques dans la glaise des morts

Et de ceux qui survivent et luttent

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2 mai 2014 5 02 /05 /mai /2014 05:00

Tu longes à mes cotés les rivages du temps

Sans jamais te soumettre aux chevaux de halage

Ni laisser la colère gouverner ton voyage

 

A mes cotés, tu fondes des digues passagères

Pour convaincre l'eau noire de laisser aux oiseaux

Le droit de survoler leur delta de lumière

 

Comme un fleuve to ouvres des routes d'avenir

Dans un pays sans nom où s'accordent déjà

La fougue de mes pas et l'eau de ton sourire.

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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 05:00

La vie

s'encapuchonne de rides

 

et nous sommes soumis

aux saisons, aux étapes de l'âge,

 

mais comme le perce-neige,

la lumière s'invente un passage

 

à travers le lavis de nos passions,

de toutes nos circonvolutions

 

et nourrit la présence permanente

de notre ciel intîme.

 

La nuit comme le jour. Le nouvel athanor 2012

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