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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 09:42

Pour avoir mis le pied

Sur le coeur de la nuit

Je suis un homme pris

Dans les rêts étoilés...

 

Ce qu'il faut de nuit

Au-dessus des arbres

Ce qu'il faut de fruits

Aux tables de marbre,

Ce qu'il faut d'obscur

Pour que le sang batte,

Ce qu'il faut de pur

Au coeur écarlate,

Ce qu'il faut de jour

Sur la page blanche,

Ce qu'il faut d'amour

Au fond du silence.

Et l'âme sans gloire

Qui demande à boire,

Le fil de nos jours

Chaque jour plus mince,

Et le coeur plus sourd

Les ans qui le pincent.

Nul n'entend que nous

La poulie qui grince,

Le seau est si lourd.

 

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 08:51

Dès le matin par mes grandes routes coutumières

Qui traversent champs et vergers

Je suis parti clair et léger

Le corps enveloppé de vent et de lumière .

 

Je vais je ne sais où. Je vais je suis heureux

C'est fête et joie en ma poitrine,

Que m'importe droits et doctines,

Le caillou sonne et lui, sous mes talons poudreux

 

Pour la première fois je vois des vents vermeils

Briller dans la mer des branchages

Mon âme humaine n'a point d'âge

Tout est jeune tout est nouveau sous le soleil .

 

Les bras fluides et doux des rivières m'accueillent

Je me repose et je repars

Avec mon guide le hasard .

Par les sentiers, sous bois dont je mâche les feuilles

 

J'aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse

Et mes cheveux amples et blonds

Et je voudrais par mes poumons

Boire l'espace entier pour en gonfler ma force.

 

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 09:21

Je ne veux rien savoir

Rien écouter et rien entendre

J'élude le blanc et le noir

Et j'ignore le vert le plus tendre

Je ne veux ce soir rien comprendre

Mais te voir te boire et te prendre

 

Je te prendrai comme un bateau prend la mer

Je briserai les vagues

Je te prendrai comme un oiseau fend l'air

Je te prendrai comme on plante une dague

Je te prendrai

Comme un clochard arrache la monnaie au

Fond de sa sébille

Et comme mille avions bombardent uner ville

 

Je te prendrai

Comme le jour qui balbutie

Entrouvre à demi la paupière

Comme un moine dans sa prière

Comme un voyou lançant sa pierre

Je te prendrai comme on pend la sorcière

Je te prendrai comme on peindrait sa mère

 

Je te prendrai dans le coeur de ma main

Comme un enfant comptant ses billes

Ou peut-être au creux d'un chemin

Comme un garçon et une fille

Dans les senteurs du romarin

 

Je te prendrai mon doux chagrin.

 

Jean-Pierre Rosnay

 

 

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 08:37

J'entends, ce soir,

l'appel des loups de la forêt d'enfance

où rodent dans la brume leurs fantômes,

Sous une lune pleine s'éveille

leur clameur d'alarme et de famine.

Avec chaînes et cordes

les portes sont fermées,

les armes luisent,

les chiens veillent dans leur enclos.

L'aïeule dans la cuisine

parle d'hivers jadis dans la neige et le gel 

et des sombres tueurs soufflant autour des granges

où bêlaient la peur et le froid .

Ses paroles, pour les enfants,

tissent la toile des légendes,

et c'est un loup géant 

qui, dans les nuits, ravage leur sommeil,

Mais me voici, dans l'âge,

enfin réconcilié avec la bête.

Je salue l'ardente présence

- force et splendeur-

dans la justice du poème .

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 07:53

              Marcher serein à l'inconnu, vers l'aride,

crieur de corps et noble voyageur

sur le chemin mystérieux,

la route d'un devenir de lumière, 

écrire l'énigme de la beauté

pour en apprivoiser l'indicible dédale, 

                                   l'inapaisé en ses frissons, 

   retrouver l'instant où rythmes prennent allure,

où les silhouettes flottent encore les yeux ouverts

                                      sur l'éternel et le silence .

                            Sentinelle enfin, que dire encore 

de la nuit...

 

 

Extrait de Déclaration d'incandescence . Editions Rafaël de Surtis .  

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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 07:04

La terre, la terre entiere inscrite

avec ses lignes de vie et de chance.

ses sillons, ses vaisseaux, sa tablature

les à-plats de couleurs élémentaires

où le rythme des rocades s'impose.

 

La terre, tour à tour illuminée

ou sombre, en l'alternance des lueurs

comme la provisoire palette

que le peintre a posée sur le silence

de l'infini qu'un géomètre arpente.

 

 Et ces hauts-reliefs que déciderait

le sculpteur épris de pierre, de métal

ou l'architecte élucideur de voûte:

a peine inflorescence de lichen

notre oeuvre, sur le sol, à main levée.

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 07:32

Il est sans doute à l'arrière des chemins

Une maison solitaire au milieu de la nuit

La lampe restée allumée et rien

Ne vient troubler la paix la lumière et la vie

C'est là où veille sur les frères humains

Le souffle de la poésie

Quelques mots sur la porte de l'humilité

Bousculés entre imaginaire et immensité

C'est là où veille l'invisible du poème

Le toucher délicat de quelques mots qui vous aiment

Et même s'il faut rester longtemps 

Pour atteindre au plus clair des ciels 

Dans l'intime du vent

Les cloches vibrantes

Et l'essentiel 

La nuit est assez vaste pour apaiser l'attente. 

 

Patrick Chemin  

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16 avril 2015 4 16 /04 /avril /2015 07:18

Mon dieu, mon dieu, celà ne s'éteint pas

Toute ma forêt, je suis là qui brûle

J'avais pris ce feu à son dernier pas.

J'attendais toujours le jour d'être cendre

Je lisais vieillir où brise l'osier

Je guettais l'instant d'après le brasier

J'écoutais le chant des cendres descendre.

J'étais du couteau, de l'âge égorgé

Je portais mes doigts où vivre me saigne

Mesurant ainsi la fin de mon règne

Le peu qu'il me reste et le rien que j'ai,

Mais puisqu'il faut bien que douleur s'achève

Parfois j'y prenais mon contentement

Pariant sur l'ombre et sur le moment

Où la porte ouvrant, déchire le rêve.

Mais j'ai beau vouloir en acvoir fini

Chercher dans ce corps l'alarme et l'alerte

L'absence et la nuit, l'abîme et la perte

J'en porte dans moi le profond déni.

Il s'y lève un vent qui tient du prodige

L'approche de toi qui me fait printemps

Je n'ai jamais eu de ma vie autant

Même entre tes bras, aujourd'hui vertiges.

Le souffrir d'aimer flamme perpétue

En moi l'incendie étend ses ravages

A rien n'a servi, ni le temps, ni l'âge

Mon âme, mon âme, où m'entraines-tu?

Où m'entraines-tu?

 

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10 mars 2015 2 10 /03 /mars /2015 09:13

Moi troubadour et la fille d'amour

Nous errons la nuit autour des lanternes

Signes de mouchoir, adieu sans retour

A toi, notre étoile, astre de déveine.

Nous allons ailleurs vers un sort meilleur

Avant que le blé ne sorte des graines

Avant que les roses ne perdent couleurs.

 

Moi troubadour et la fille d'amour

Qui de son caveau tirons la beauté

Marchons à présent rompus, hébétés

Par la vie, par l'astre et par la rengaine.

Aux portes de l'ombre allons-nous buter

Avant que le blé ne sorte des graines

Avant que le temps des moissons ne vienne?

 

Et dans le coeur blanc des nuits

Nous nous blottirons, icônes sans voix

Dans les coins perdus, dans l'oubli des chambres

Nous rappellerons, frappant de nos doigts

Que de notre vie sont mortes les branches

Avant que le blé ne sorte des graines

Avant que le temps des moissons ne vienne.

 

Vous entendrez des mots silencieux

Assis pensifs dans l'ombre et l'absence

Mille soleils brûleront dans vos cieux

Hommes à genoux dans un rêve immense,

Et ce jour viendra pour tous ceux, tous ceux

Dont la vie fleurit, dont la vie commence

Avant que le blé ne sorte des graines

Avant que le temps des moissons ne vienne.

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 08:58

Je te donne rendez-vous

Tu viendras

 

dans un pays au soleil

si vaste qu'il embrasse le monde

si petit qu'il tient en un mot

 

je te donne rendez-vous

tu viendras

 

dans un pays fraternel

ses monuments sont des tourments 

universels

 

je te donne rendez-vous

tu viendras

 

dans un pays éternel

où dansent consonnes et voyelles

derrière "masques et bergamasques"

 

Je te donne rendez-vous

dans ta langue maternelle

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