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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 06:54

Il y a trop souvent maldonne

Vivre est un jeu mal inventé

Le printemps passe et pas d'été

Voilà que c'est déjà l'automne

 

Voilà que c'est l'heure indue

Toute couleur faite ombre peinte

Par les miroirs du labyrinthe

L'enfant dans l'homme s'est perdu

 

L'enfant qu'en vain tu te rappelles

Dans ce vieux visage et tes mains

Etait-ce donc celà demain

Où le passé si peu s'épelle

 

On porte en soi toujours l'enfant

Confusément qu'on fut naguère

Et le soldat de cette guerre

Ce n'est pas l'homme qu'il défend

 

Toute mémoire est une eau trouble

Que voulez-vous que l'on y voie

Rien ne sert de crier quitte ou double.

 

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 06:51

Que sont mes amis devenus

Que j'avais de si près tenus

Et tant aimés

Ils ont été trop clairsemés

Je crois le vent les a otés

L'amour est morte

Ce sont amis que vent emporte

Et il ventait devant ma porte

Les emporta

 

Avec le temps qu'arbre défeuille

Quand il ne reste en branche feuille

Qui n'aille à terre

Avec pauvreté qui m'atterre

Qui de partout me fait la guerre

Au temps d'hiver

Ne convient pas que vous raconte

Comment je me suis mis à honte

De quelle manière

 

Pauvre sens et pauvre mémoire

M'a Dieu donné le roi de gloire

Et pauvre rente

Et droit au cul quand bise vente

Le vent me vient le vent m'vente

L'amour est morte

Ce sont amis que vent emporte

Et il ventait devant ma porte

Les emporta

L'espérance de lendemain

Ce sont mes fêtes.

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30 juin 2015 2 30 /06 /juin /2015 06:50

C'est beau d'avoir élu

Domicile vivant

Et de loger le temps

Dans un coeur continu,

Et d'avoir vu ses mains

Se poser sur le monde

Comme sur une pomme

 

Dans un petit jardin,

D'avoir aimé la terre,

La lune et le soleil,

Comme des familiers

Qui n'ont pas leurs pareils,

Et d'avoir confié

Le monde à sa mémoire

Comme un clair cavalier

A sa monture noire,

D'avoir donné visage

A ces mots: femme, enfants,

Et servi de rivage

A d'errants continents,

Et d'avoir atteint l'âme

A petits coups de rame

Pour ne pas l'effaroucher

D'une brusque approchée

C'est beau d'avoir connu

L'ombre sous le feuillage

Et d'avoir sent l'âge

Ramper sur le corps nu,

Accompagné la peine

Du sang noir dans nos veines

Et doré son silence

De l'étoile Patience,

Et d'avoir tous ces mots

Qui bougent dans la tête,

De choisir les moins beaux

Pour leur faire un peu fête,

D'avoir senti la vie

Hâtive et mal aimée,

De l'avoir enfermée

Dans cette poésie.







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23 juin 2015 2 23 /06 /juin /2015 07:48

Chante mon coeur le chant du sable et de la pierre

Du vent, de la pluie et de la vie qui passe

Dès l'aube, du désert, au chant des chameliers

Monte la poussière d'un siècle qui s'efface

Pour partir...

Et nos songes d'Orient bercés de caravanes

Enfantés par les voeux mystiques des marchands

Montent vers toi, Soleil, pour dire la pavane

Des oiseaux qui saignent de trop pousser leur chant

Pour mourir...

Chante mon coeur un air d'or et de turquoise

Enfanté par la voix des prêtres et des guerriers

Dans la plaine naviguent des âmes par milliers

A l'ombre des platanes nos colombes se croisent

Pour aimer...

Songe, reviens-moi, et que le vent de l'Est

Accoure quand éclôt le siècle des printemps

Reverdissent tes pas sur un passé funeste

Dans les cendres tiédies la pluie compte le temps

Pour renaître...

Phénix ou rossignol, que ton nom immortel

Porte les nations jusqu'au cieux des coupoles

Que les coquelicots fleurissent de corolles

Qu'ils parlent à l'Occident d'une aurore plus belle

Pour connaître...

Dans les terres du Nord des robes d'émeraude

Germent dès le jour sur les ruines d'hier

Quand les mains travailleuses élevées aux rizières

Dansent sous le vent et quand la brûme rôde

Pour rêver...

Et c'est ainsi depuis les vieilles migrations

Fatigue, pleurs, soupirs armés de longs espoirs

Portés jour et nuit, fardeaux d'humilation

Pour que l'été énfin renaisse à la nuit noire

Pour partir un jour

Je prendrai les chemins

Je prendrai dans ma main

La clé du non-retour

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 08:41

Le veilleur invente son espérance,

Du fond des mots s'éclaire un chemin

Jusqu'au point de rencontre

De son orbe avec le monde

Pélerin d'une langue nouvelle.

 

Lire un poème comme une veille,

Ecouter la voix intérieure

D'un ailleurs en soi qui pense

L'inavouable, voix de gorge

De la parole vers l'autre.

 

Voyager au coeur du langage

Demeure des ombres d'ancêtres

Ou d'infans bleus, des sourires

De mères à l'haleine de lilas,

Des sanglots d'hommes seuls.

 

Lire un poème comme une veille,

Sa présence contre la nuit, inconsolable

Tendresse au miroir des morts,

Ce qui commence et finit à même

La voûte du silence et l'énigme

D'une terre plus légère

Depuis le premier amour.

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 07:45

Loin de la source

Des brasiers glacés

Des étoiles ombrées

Nous traversons l'impact du sablier

 

Debout les amis, debout le temple!

Et le corps de l'homme.

 

Debout encore! 

Les arbres enracinés dans l'amer

et les nuages en pierre  

et la giboulée des rochers

 

C'est toujours l'Espérance

Que porte le regard

Quand l'aube nacrée initie les orphelins

A la chevauchée des voiles brisés

 

Debout!

C'est l'orée

Et c'est l'homme  

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 08:46

Je renonce au bonheur de vivre mais non pas

A celui d'être un homme effronté

Parodie l'harmonieux instant où tu es ivre

Et profère en rêvant des paroles sacrées!

Où allons-nous? Vers quel butoir incertain de l'espace

Quelle petite vie au détour du matin

Qui renifle hébétée dans le café des tasses

L'indigent et cruel mélange du destin?

Mais s'enivrer est vain et les pluies qui reviennent

Ont cette odeur de temps qui ranime les cors

Ceux-là font sonner les heures diluviennes

A l'horloge inexacte et stérile des corps

D'où venons-nous? Qui sommes-nous? Où allons-nous?

Avec des bleus aux yeux et des plaies aux genoux?

Quand on a comparu sur les bancs de l'enfance

Et acquis sans effort l'acquiescement de Dieu

Ah! Peut-on réfuter l'Admirable Conscience

Comme une manifestation du merveilleux?

Mais qu'importent la fièvre et le Mot du verdict

Si la terre aussi bien que le ciel est unique !

 

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 09:42

Pour avoir mis le pied

Sur le coeur de la nuit

Je suis un homme pris

Dans les rêts étoilés...

 

Ce qu'il faut de nuit

Au-dessus des arbres

Ce qu'il faut de fruits

Aux tables de marbre,

Ce qu'il faut d'obscur

Pour que le sang batte,

Ce qu'il faut de pur

Au coeur écarlate,

Ce qu'il faut de jour

Sur la page blanche,

Ce qu'il faut d'amour

Au fond du silence.

Et l'âme sans gloire

Qui demande à boire,

Le fil de nos jours

Chaque jour plus mince,

Et le coeur plus sourd

Les ans qui le pincent.

Nul n'entend que nous

La poulie qui grince,

Le seau est si lourd.

 

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 08:51

Dès le matin par mes grandes routes coutumières

Qui traversent champs et vergers

Je suis parti clair et léger

Le corps enveloppé de vent et de lumière .

 

Je vais je ne sais où. Je vais je suis heureux

C'est fête et joie en ma poitrine,

Que m'importe droits et doctines,

Le caillou sonne et lui, sous mes talons poudreux

 

Pour la première fois je vois des vents vermeils

Briller dans la mer des branchages

Mon âme humaine n'a point d'âge

Tout est jeune tout est nouveau sous le soleil .

 

Les bras fluides et doux des rivières m'accueillent

Je me repose et je repars

Avec mon guide le hasard .

Par les sentiers, sous bois dont je mâche les feuilles

 

J'aime mes yeux, mes bras, mes mains, ma chair, mon torse

Et mes cheveux amples et blonds

Et je voudrais par mes poumons

Boire l'espace entier pour en gonfler ma force.

 

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 09:21

Je ne veux rien savoir

Rien écouter et rien entendre

J'élude le blanc et le noir

Et j'ignore le vert le plus tendre

Je ne veux ce soir rien comprendre

Mais te voir te boire et te prendre

 

Je te prendrai comme un bateau prend la mer

Je briserai les vagues

Je te prendrai comme un oiseau fend l'air

Je te prendrai comme on plante une dague

Je te prendrai

Comme un clochard arrache la monnaie au

Fond de sa sébille

Et comme mille avions bombardent uner ville

 

Je te prendrai

Comme le jour qui balbutie

Entrouvre à demi la paupière

Comme un moine dans sa prière

Comme un voyou lançant sa pierre

Je te prendrai comme on pend la sorcière

Je te prendrai comme on peindrait sa mère

 

Je te prendrai dans le coeur de ma main

Comme un enfant comptant ses billes

Ou peut-être au creux d'un chemin

Comme un garçon et une fille

Dans les senteurs du romarin

 

Je te prendrai mon doux chagrin.

 

Jean-Pierre Rosnay

 

 

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  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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