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7 novembre 2011 1 07 /11 /novembre /2011 07:24

Les hypocrites qui se disent des ascètes

prétendent distinguer entre l'âme et le corps

Je vais donc me coiffer d'un broc de vin la tête,

et qu'ils me scient le crâne, s'ils croient que j'ai tort .

 

Moi, tant que j'ai du vin, des roses, les joues rondes

de mon amour auprès de moi, au bord de l'eau,

je suis heureux. Car, depuis que je suis au monde,

j'ai bu, je bois et je vais boire tout mon lot.

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3 novembre 2011 4 03 /11 /novembre /2011 05:55

Et la mer et l'amour ont l'amour pour partage,

Et la mer est amère, et l'amour est amer,

L'on s'abime en l'amour aussi bien qu'en la mer, 

Car la mer et l'amour ne sont point sans orage.

 

Celui qui craint les eaux qu'il demeure au rivage,

Celui qui craint les maux qu'on souffre pour aimer,

Qu'il ne se laisse pas à l'amour enfllammer,

Et tous deux ils seront sans hasard de naufrage.

 

La mère de l'amour eut la mer pour berceau,

Le feu sort de l'amour, sa mère sort de l'eau,

Mais l'eau contre ce feu ne peut fournir des armes.

 

Si l'eau pouvait éteindre un brasier amoureux,

Ton amour qui me brule est si fort douloureux,

Que j'eusse éteint son feu de la mer de mes larmes.

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24 octobre 2011 1 24 /10 /octobre /2011 07:39

Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles:

"Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité.

Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,

Un chant plein de lumière et de fraternité!

 

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,

De peine, de sueur et de soleil cuisant

Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme;

Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant

 

Car j'éprouve une joie immense quand je tombe

Dans le gosier d'un homme usé par les travaux,

Et sa chaude poitrine est une douce tombe

Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

 

Entends-tu retentir les refrains des dimanches 

Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant?

Les coudes sur la table et retroussant tes manches,

Tu me glorifieras et tu seras content;

 

J'allumerai les yeux de ta femme ravie;

A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs

Et serai pour ce frêle athlète de la vie

L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

 

En toi je tomberai, végétale ambroisie,

Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,

Pour que de notre amour naisse la poésie

Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur!" 

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 17:07

Comme une préparation à la fête

ainsi devrait être l'exercice de l'écriture

Avec des bois clairs et des fibres de métal

des pierres taillées et des tissus colorés

des arches et des volutes des drapeaux et des feuilles

nous dresserions la maison jusqu'à ce qu'elle frémisse 

d'intelligence et de verve Au milieu du monde

elle serait ce passage vers le moment

où nous graviterions tous dans l'obscur

contre les racines protectrices de la terre

La musique jaillirait des arbres musculaires

lumière ardente et immense sur la patrie

et le feuillage des veines D'adorables élans

façonneraient des membres aux lignes souples

où les corps triomphent dans le triomphe des choses

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19 octobre 2011 3 19 /10 /octobre /2011 09:25

Dormir avec toi retrouver

au moindre sursaut ton épaule

entendre ta respiration

mesure du temps qui me reste

 

Reste encore un peu près de moi

console-moi de ton absence

toutes les saisons de ta vie

teindront la roue de mes années

 

tant d'autres fantomes défilent

dans les corridors du sommeil

 

Encore te voir et t'entendre 

suivre tes conseils obéir

à tes subtiles suggestions

dans mes héditations voraces

 

Moi qui suis si sec et si raide

cherchant à maintenir le masque

sans lequel je m'effondrerais  

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16 octobre 2011 7 16 /10 /octobre /2011 09:37

Chaque fois on l'offre

oubliant ses anciennes douleurs

croyant qu'il va être sauvé cette fois-ci

 

On dissimule ses blessures avec de la couleur

on les décore avec des fleurs

et on le présente comme s'il était neuf

et commençait à battre

à l'instant

 

On jure

y croyant nous-mêmes

que nous n'avons jamais connu

de tels sentiments

tellement heureux de trouver

ce qui va

l'accepter

ce qui va

le chérir

et 

peut-être

ce qui va le blesser 

à nouveau.  

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 05:00

Ô ma nuit tombée des nues

pour faire le silence

et l'amour

quand à la terre brulent

et galopent

les chevaux de grand vent

 

Nuit parfois criant

sous le filament des étoiles

l'ombre vaste et mouillée

d'une terre enlacée

portant à cru les corps pâles

de ceux qui déjà ne sont plus

 

Ô ma nuit tombée des nues

pour dire encore une fois

que demain le soleil se lèvera 

et comme un seul homme

marchera sur les toits

sans laisser de traces

 

Nuit des larmes lumineuses

aux yeux surgis des témoignages

ressuscités

aux yeux grandis de lacs

et de forêts enneigées

lorsque rodent les loups et les fièvres

d'une terre solitaire aboyant sa faim de silence

 

Ô ma nuit bondissante et douce

à la croupe de nacre

levée d'étoiles et de cris

 

- Attente très belle mon attente

je t'aime comme une femme.

 

J-M Berthier. Collection Poètes trop effacés. Editions LE NOUVEL ATHANOR. 2011

http://www.lenouvelathanor.com 

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 05:00

Ce qui n'est pas mais qui existe

Au creux de ses amours d'enfance

Ou bien ailleurs, mais assez loin

Pour avoir l'air de ne plus être

La chronologie se balance

Ce rien qui, un instant, hésite

 

Ce qui aurait pu

Si d'autres moments

Si d'autres amours ou d'autres passantes

Ce que le hasard fait de l'existence

Ce que les regards contiennent parfois

Ce qui a été

Ce qui n'a pas pu

Ou bien qu'on savait

 

Ce qui s'évapore et revient

Du plus profond de son oubli

Et qui était en fait au bord de la mémoire

Il y a ce qui nous retient de nos errances

Ce qu'on a fait de soi, de rien

Ce qu'on a laissé du hasard

Sur le chemin

 

Ce qu'on croyait et qui existe

Ce qu'on a cru a existé

Ce qu'on a pas vu tout de suite

Ce qu'on s'interdit

 

Ce qui aurait pu si un autre jour

Si on avait dit...

Ce qu'on aurait dit si un autre jour...

Ce qu'on aurait pu

 

Il suffit d'on ne sait

Quel hasard en quel lieu

Et c'est un autre hasard

Sait-on ce qui s'enfuit

 

Ce qui s'en va

Ce qui n'est pas mais qui existe

Ce rien qui, un instant, hésite

 

Ce n'est qu'une histoire

De minutes et de vent

Quand on rate un moment

On y laisse sa vie

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8 octobre 2011 6 08 /10 /octobre /2011 07:54

D'âge en âge des oiseaux nichent

dans un arbre généalogique.

Et d'autres, familiers de l'origine du monde,

dans l'arbre ambigu

de la science du bien et du mal.

 

Dans les jardins de mars

des anges aux épaules nues

fantasment des incarnations

et d'autres mises au monde

chez des vierges de décembre.

 

Ailleurs en d'autres saisons

des tempêtes s'en prennent à des forêts

dont les arbres rentrent leur feuillage

entre les épaules,

leur salive dans les racines.

 

Plus tard il neige sur le livre

et sous la neige le titre prend feu.

Le chant premier de l'ouvrage

devient le sombre récit d'une fiction ,

puis il pleut sur le feu et le livre s'éteint.

 

Et d'arbre en arbre, de branche en branche,

d'oiseau mouillé en oiseau brûlé,

de jardin en forêt, de strophe en strophe

et de vers en vers, le poème s'embrouille:

il lui faut déclarer forfait.

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 08:41

Je suis sur la montagne et contemple la baie

Les bateaux reposent à la surface de l'été.

"Nous sommes des somnanbules.Des lunes à la dérive".

Voilà ce que les voiles blanches me disent .

 

"Nous errons dans une maison assoupie.

Nous poussons doucement les portes.

Nous nous appuyons à la liberté."

Voilà ce ques voiles blanches me disent.

 

J'ai vu un jour les volontés du monde s'en aller

Elles suivaient le même cours- une seule  flotte.

"Nous sommes dispersées maintenant . Compagnes de personne."

Voilà ce ques voiles blanches me disent.

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  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
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  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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