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26 juin 2017 1 26 /06 /juin /2017 07:28

Enfonce-toi dans le vert pays de l'arbre

Médite dans ses branches

Appuie ton front ta tête contre le ciel 

Dès lors tu n'appartiens plus à ce monde 

Tu as dénoué tes entraves 

Tu grimpes avec la sève 

avec le vent 

Vers le visage éclatant du bonheur 

A tes auberges de soleil 

viennent boire les oiseaux 

et tout en bas 

te désarçonne une fois encore 

le cheval cabré de la mort 

 

Jean-Pierre Nicol 

Extrait de " La juste lumière"

Editions Les déjeuners sur l'herbe 

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 09:48
Epitathe. Jean-Pierre Rosnay

Je ne suis né que pour quelques poèmes 

Ma vie n'existe qu'en plain-chant 

Je les portais du bout du temps 

Et je chantais à perdre haleine 

 

Je discourais d'amour la nuit au pied des arbres 

Et la nuit m'accueillait et la forêt m'aimait 

Je ne veux sur ma tombe ni le fer ni le marbre 

Mais je souhaite un ruisseau et quelques roitelets 

 

Je ne veux rien sur ma dépouille 

Rien qui puisse me rappeler

Rien qu'un peu d'eau pour les grenouilles 

Et quelques enfants à jouer 

 

J'aimais tant le chant des grenouilles 

Glissant l'anneau d'or de l'été 

Et les enfants mal décoiffés 

 

Je ne suis né que pour quelques poèmes 

Qui m'aime m'oublie par amour de moi 

Rien n'est plus urgent que la vie 

La vie qui fuit entre mes doigts . 

 

Anthologie Jean-Pierre Rosnay 

Editions Le nouvel athanor . 

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7 juin 2017 3 07 /06 /juin /2017 06:58
Meurs et deviens- Goethe

Ne le dites à personne, à 'exception des sages 

Car la multitude est prompte à railler 

Je veux louer l'être vivant 

Qui aspire à mourir dans la flamme 

 

Dans la fraicheur des nuits d'amour 

Où tu reçus, où tu donnas la vie 

Un sentiment étrange te saisit, 

Quand brille l'immobile flambeau 

 

Tu ne restes plus enfermé 

Dans l'ombre ténébreuse 

Et un désir nouveau t'emporte 

Vers des épousailles plus hautes

 

Toute distance ne te rebute 

Tu accours en volant, fasciné par la flamme 

Et finalement, amant de la lumière 

Ô papillon, te voilà consumé

 

Et tant que tu n'as pas compris 

Ce " Meurs et deviens" 

Tu n'es qu'un obscur passager 

Sur cette terre ténébreuse. 

 

 

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 08:34
Le clown se meurt . Catherine Smits

 

Je nais chaque fois que je monte sur scène

 

Un gros nez rouge sur mon visage blême

 

Je suis l’enfant dont je me souviens bien

 

Un homme d’esprit, un poète du rien

 

 

 

J’attrape le ridicule et le fait tournoyer        

 

Avec l’élégance des désespérés

 

Je suis le fou qui transforme les blessures

 

Des âmes fêlées de mille et une brisures

 

 

 

Je jongle avec mon ballon pathétique

 

Entre tristesse et vérités cyniques

 

Mes soupirs sont une oraison d’amour

 

Qui bat doucement la mesure des tambours

 

 

 

Je verse des larmes que personne ne remarque

 

Détresse muette, miroir de mes grimaces

 

Je tente de vous prendre par le bout du cœur

 

Je ne suis pour vous qu’un stupide amuseur

 

 

 

Je trébuche sur le gradin de vos rires

 

Mes pieds dans cette humaine tragédie

 

Bienvenue dans le cirque de l’Univers

 

J’ouvre mes bras d’étoiles et de poussière

 

 

 

L’heure de ma dernière farce a sonné

 

Je rejoins ma verdine les bras chargés

 

De la misère du monde et de vos peurs

 

Sous son fardeau, le clown se meurt

 

 

 

Mais avant de tirer ma révérence

 

Avant de toucher le fond en silence

 

Il me reste l’ironie du désespoir

 

Pour ceux qui n’ont rien compris à l’histoire.

 

 

 

 

 

Catherine Smits

Poème inédit

 

Tous droits réservés

 

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 07:50
Tes mains d'oiseau . Florence Jeryas

J'apparais à moi-même

Avec tes mains d'oiseaux

Arabesques sourcières

Qui m'érigent en rameaux

Je m'ouvre en éventail

Mes souffles agitent le vent

D'intimes fiançailles

Sacrent tous nos serments .

Poème inédit

 

 

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 08:08

Ils n'existent pas, les poètes

Ils naissent sans cesse

Et surgissent sans prévenir

De la glaise du poème.

 

Qui est-il cet autre qui nous rêve?

 

Ils vont chercher de par le monde

Eux, les poètes

La terre creuse et désoeuvrée.

 

Une chimère défigure la Parole perdue

Et le poète entame son pélerinage

Un désert noir fond sur les blés

Et le poète l'arrête d'un cri d'enfant

 

Qui sait la lettre qui ouvrira la lucarne?

 

Il y a un être entier dans la paume de nos mains

Et nous ne voyons rien

Ou si peu-

                 les poètes 

 

Matthieu Baumier . Le silence des pierres. Editions Le Nouvel Athanor.

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 07:41

Désapprendre. Déconditionner sa naissance. Oublier son nom. Etre nu.

Dépouiller ses défroques.Dévêtir sa mémoire.Démodeler ses masques.

Déchirer ses devoirs. Défaire ses certitudes. Désengranger ses doutes.Désemparer son être.

Débaptiser sa source. Dérouter ses chemins. Défeuiller ses désirs.Décharner ses passions.

Désacraliser les prophètes. Démonétiser l'avenir. Déconcerter l'antan. Décourager le temps.

Déjouer la déraison. Déflorer le délire. Défroquer le sacré. Dégriser le vertige.

Défigurer Narcisse. Délivrer Galaad. Découronner Moloch. Détroner Léviathan.

Démystifier le sang. Désencombrez votre âme. Déséchouez vos échecs. Désenchantez le désespoir. Désenchainez l'espoir.

Désamorcez vos peurs. Désarrimez vos coeurs. Désespérez la mort.

Dénaturez l'inné. Désincrustez l'acquis. Désapprenez-vous.

Soyez nu.

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 09:20

Je ne cherche pas d'images dans les songes

mais dans l'inconnu du monde,

aux rives de la terre et en tous lieux inhabités,

aussi bien sous le ciel millimétré des almagestes

que près des récifs de vieux portulans

même si mes regards et mes pas sont d'abord accordés

aux grandes dépressions de sable, d'herbe ou de neige.

 

Chaque tracé porte mes caravanes

qui vont interminablement d'égarements en bivouacs

pour oublier le but et se mettre à distance,

sans épices, sans houppelande ni porcelaine ni encens;

un jour elles sont en Judée chargées de manuscrits

ou bien près du Rio Grande aux portes d'Albuquerque

avec des caisses de bières et des caisses de fusils.

 

Il n'est pas de parcours étroit

dans un atlas qui met le centre aux pôles

aux sources du Gange, au coeur de l'Amazone;

lignes, courbes, chiffres, latitudes, longitudes

n'ont plus souci du labyrinthe à sens unique

avec sortie par le guichet d'immigration,

la vie est dans les marges et tout est no man's land.

 

Une carte dépliée, c'est Byzance

à deux battements de cils de Novgorod,

c'est les îles de la Sonde sous le vent des Marquises,

un cavalier qui passe à gué de Cadix à Tanger,

C'est Katmandou, Lhassa, Srinagar, Dehra Dun,

Yarkand, Kaza, Keylong, Bénarès, Darjeeling

sous l'empire espéré d'un Kanisha troisième du nom.

 

Je fais tourner le globe et garde la tête chaude,

quel raid nous allons mener Gengis!

quelles merveilles nous allons conter Messire Polo!

quelle chimère nous allons forcer plus à l'Est Csoma!

partout nos courses à l'estime sont exactes

nous avons nos chamans, la science du vide au ras du sol

et ces zones sans fin où ranimer nos âmes mortes.

 

La route va où elle veut

et je ne déroute que moi par instinct ou caprice

comme on prend le premier train qui part

le premier bus qui klaxonne au matin

le premier bateau qui frémit au bout de l'embarcadère,

comme on s'offre un nouveau destin sur le papier

et la chance d'être plus que soi, ailleurs.

 

 

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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 10:10
La secrète évidence. Charlotte Colas

Si une seule fois nos pas pouvaient se déporter

De la désillusion d'avoir

Au prodige d'exister...

Si nos rêves pouvaient se baigner

Aux sources de toute chose

Ame en cils et paupières closes

La cécité humaine tressaillirait-elle

Au dodelinement joyeux de l'herbe sous la pluie

Aux tambours de la traversée du vivre

A l'étonnement des bourgeons du printemps

Quand l'hiver dépose son caban ?

 

Mais nous restons suspendus à des cimes de chimère

Nos talons désancrés par des quêtes à revers

Vers l'insaisissable du ciel

Jamais dans ce qui nous a été enlevé

L'originelle innocence

Le goût sucré de la violette sur nos langues

Le regard nouveau-né

Le jus d'une pomme croquée

La secrète évidence

De l'impénétrable à portée.

Charlotte Colas

Poème inédit . Tous droits réservés.

 

 

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 10:08
Le vin mordu. Luc Bérimont

à René-Guy Cadou

 

De bas brouillards tremblaient aux vallées de l'automne

Les chiens jappaient sans fin sur le bord des ruisseaux

On entendait rouiller leurs abois dans l'écho

A des lieues et des lieues, sur des pays sans borne.

 

Le vent sentait la pierre rêche et le gibier

Il était dur et vif nous trancher la gorge.

Nous nous hâtions vers quelque grange dont le porche

Offrait déjà l'abri à des coqs qui chantaient

 

Lorsque, sur le revers d'un coteau, nous trouvâmes

La jaune, apaisante caresse des raisins:

Bien à l'écart du vent, des grappes plein les mains

Nous bûmes longuement, renversés sur la flamme.

 

 

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  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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