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6 octobre 2017 5 06 /10 /octobre /2017 09:32
L'éternité maintenant . Catherine Smits

Je déclare l'éternité maintenant 

Dans l'intime morsure du désir 

Avec l'écho tourbillonnant 

Devant ses ailes qui l'étirent 

 

Le temps peut bien m'ensevelir 

Coudre ma bouche d'un dernier fil 

J'ai au fond de la gorge un râle 

Etranger à la mort et à son châle 

 

Même glacée ma bouche te suppliera 

D'un psaume de cendres qui répandra 

Nos impatiences en pluie d'oiseaux 

L'amour sera mon seul tombeau . 

 

Poème Inédit. Tous droits réservés .  

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 07:04
Ta bouche. Catherine Smits

Ta bouche

Comme une chantepleure 

Dans laquelle je verse 

Goutte à goutte 

Le cri de ma naissance 

Au flambeau de ta langue 

Recueille-le 

Protège-le de l'arrogance du temps 

Et quand l'éternité se jouera de nous 

Alors résonnera 

Dans la prophétie des saisons 

Dans l'incantation des ruisseaux 

La légende que mes mains

Ont bâtie sur ta peau .

 

Catherine Smits 

Poème inédit 

Tous droits réservés .  

 

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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 06:52
Devant lui . Anne Perrier

Devant lui 

Il rabattait la lumière

En écartant les mains

C'était beau de le voir

Jouer avec le matin si sérieusement 

Il ouvrait des villages et des villes 

Qui seraient restés perdus dans de longs plis d'eau

Et puis tant de visages 

Purs végétaux

Que tout de suite il aimait 

pour leur fraîcheur et leur vieil âge

Ainsi toute la terre coulait dans sa gorge 

Comme une goutte de rosée 

poursuivie des oiseaux

 

Anne Perrier 

Oeuvres poétiques . Ed L'escampette . 

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3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 09:22
La nuit funambule. Catherine Smits

La nuit je funambule

Sur la corde de ta voix 

Le corps lesté 

De l'impérieux désir 

De mon ventre 

 

J'enfante des étoilements 

Ruisselance de nous 

Mon sang tournoie

Désormais

Il n'a d'autre chemin 

Que toi . 

 

Catherine Smits 

Poème inédit 

Tous droits réservés 

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9 septembre 2017 6 09 /09 /septembre /2017 07:37
LA MORT VIENDRA ; Césare Pavese

La mort viendra et elle aura tes yeux

cette mort qui est notre compagne 

du matin jusqu'au soir, sans sommeil 

sourde, comme un vieux remords

ou un vice absurde. Tes yeux 

seront une vraie parole

un cri réprimé, un silence

Ainsi les vois-tu le matin 

quand sur toi seule tu te penches 

au miroir. O chère espérance

ce jour-là nous saurons nous aussi 

que tu es la vie et que tu es le néant.

 

La mort a pour tous un regard. 

La mort viendra et elle aura tes yeux 

Ce sera comme cesser un vice, 

comme voir resurgir

au miroir un visage défunt, 

comme écouter des lèvres closes 

Nous descendrons dans le gouffre. Muets. 

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22 août 2017 2 22 /08 /août /2017 06:36

On ne trouvera plus que cendres dans mon lit

Un sang amer m'aura consumé cette nuit

Déjà j'ai rejeté mon coeur loin en arrière

Et mes chevaux vingt ans ont sauté la barrière

Ainsi le temps n'est plus où je secouais les astres

Où un geste effaçait les ombres du chemin

Je portais le front de la terre entre mes mains

J'étais semblable aux vents aux grands soleils vivaces

Mes yeux bleus remettaient chaque ciel à sa place

Il y avait encore le miel sur les collines

Des guêpes endormies dans la paix des poitrines

Et les matins d'hiver traversés par l'amour

Maintenant tout est clos

Les fleurs sans leur poison

L'horloge crucifiée au bord de la cloison

Les portes qui s'ouvraient jadis entre les branches

Et les cloches roulant les pentes du dimanche

Qui touchera jamais la corde de mon coeur

Certes pas les oiseaux ni tes seins jeune fille

Des éclats de ma chair pourrissent sur les grilles

Remords peut-être es-tu ma première douceur.

 

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 07:35
Les poètes . Aragon

Je ne sais ce qui me possède 

Et me pousse à dire à voix haute 

Ni pour la pitié ni pour l'aide

Ni comme on avouerait ses fautes 

Ce qui m'habite et qui m'obsède 

 

Celui qui chante se torture 

Quels cris en moi quel animal

Je tue ou quelle créature 

Au nom du bien au nom du mal 

Seuls le savent ceux qui se rurent

 

Machado dort à Collioure 

Trois pas suffirent hors d'Espagne

Que le ciel pour lui se fit lourd 

Il s'assit dans cette campagne 

Et ferma les yeux pur toujours

 

Au dessus des eaux et des plaines 

Au dessus des toits des collines 

Un plain chant monte à gorge pleine

Est-ce vers l'étoile Holderlin 

Est-ce vers l'étoile Verlaine 

 

Marlowe il te faut la taverne 

Non pour faust mais pour y mourir 

Entre les tueurs qui te cernent 

De leurs poignards et de leurs rires 

A la lueur d'une lanterne 

 

Etoiles poussière de flammes

En Aout qui tombez sur le sol

Tout le ciel cette nuit proclame 

L'hécatombe des rossignols 

Mais que sait l'univers du drame 

 

La souffrance enfante les songes 

Comme une ruche ses abeilles 

L'homme crie où son fer ronge 

Et sa plaie engendre un soleil 

Plus beaux que les anciens mensonges 

 

Je ne sais ce qui m'obsède 

Et me pousse à dire à voix haute 

Ni pour la pitié ni pour l'aide 

Ni comme on avouerait ses fautes 

Ce qui m'habite et qui m'obsède .

 

 

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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 07:20
Poème . Jean Lavoué

Nous sommes d'une source 

Qu'aucune pluie n'abreuve 

Mais qui ne tarit pas

 

Nous sommes d'un matin

Arraché à la nuit 

Par un autre soleil

 

Nous sommes d'une origine 

Sans commune mesure 

Sans étoile certaine

 

Nous sommes d'un amour

Aussi vaste que le vent

Aussi nu qu'un désert 

 

Nous sommes d'une communion 

Dont nous sommes le centre 

Et le cercle infini 

 

Nous sommes d'une symphonie 

L'instrument etl'archet 

Et la main qui relève 

 

Nous sommes d'un silence 

Que nul chant nul feuillage 

Ne sauraient contenter

 

Nous sommes d'un chemin 

Sans bornes et sans tracé 

Que visite l'Ouvert  

 

Nous sommes d'une foi 

Sans rives et sans frontière 

Aux doutes traversés 

 

Nous sommes d'une forêt 

Font nous sommes l'aubier 

La racine et la cime 

 

Nous sommes d'une mélodie

Que chaque chant d'oiseau 

Consent à imiter 

 

Nous sommes ces moissons 

Le couvert et le pain 

La table partagée 

 

Nous sommes de ce pays 

Qui nous change à mesure 

Que l'on n'arrive jamais 

 

Nous sommes de cette voix 

Qui murmure notre nom 

Dans le souffle d'un été 

 

Nous sommes de ce printemps 

Dont les branches nous frôlent 

Sans jamais nous toucher 

 

Nous sommes d'une blessure 

Dont le feu couve en nous 

Elargit nos foyers 

 

Nous sommes d'une parole 

Non encore entendue 

Toujours à écouter 

 

Nous sommes pour chacun 

L'eau du puits et le seau 

La margelle où puiser . 

 

Poème inédit 

 

 

 

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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 07:40
Amphise . Patrice de la Tour du Pin

Je sortais de moi lentement 

Je fus pris dans un beau vent souple 

Chaud comme un naseau de jument 

Et velouté comme sa croupe 

Et tous les regards forestiers, 

Perles de givre dans les branches 

Ou tapis comme des pervenches 

Me regardaient qui m'éloignais.

Ils m'en voulaient de cette fuite, 

Car j'abandnnais ma forêt

Intime et sourcilleuse et triste 

Pour un beau vent bien moins secret.

Ils me reprochaient mon envol, 

Leurs yeux me perçaient durement, 

Mais le vent baissa jusqu'au sol

Et moi j'ai enfourché le vent...

Celui qui passe les limites 

Des âmes d'hommes interdites

Jusqu'à là par manque d'amour .

Celui qui se gorge d'espace 

Et celui du lit de la Grâce

Dans sa croisière au plus long cours.

Mais comme il emportait au corps

Les relents de toutes contrées,

D'un couo je tirai sur son mors

Et retournai vers ma forêt,

Galopai se plus longue laie

Fis un grand courant d'air doré

Où me suivaient biches et cerfs, 

Tendis les branches violemment,

Entraînai tout dans mon élan , 

Ma forêt qui devenait blonde

Comme le soleil l'animait;

Et j'ai chevauché sur le monde

Porteur de tout ce que j'aimais ...

 

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 08:01
Belles saisons obscures Gérard Bocholier

Nous n'oublions rien des moissons lourdes

Des plaines brûlées du long désir

Noué aux vignes des sarments rouges

De la chair des pollens de lumière

Autour des épaules des visages

Tendus vers une crête invisible

Nous sommes la mémoire du vent

Qui s'épuise au chevet de l'hiver

Quand vous ne songez plus qu'au silence

Où disparaissent même les noms

Des plus aimés de leurs plus beaux songes

Même cette paume sur la nuque

A la croisée des routes les peurs

Et leurs aveux débordant les ombres.

 

Extrait de Belles saisons obscures . Editions Arfuyen 2012

 

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  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
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  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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