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21 juillet 2017 5 21 /07 /juillet /2017 07:57
L'ange de sable.Jean Giono

L'homme est un voyageur.Il y a d'abord dans son âme le besoin du nomade qui fait de lui un errant et un déraciné , le chasse sur les routes. C'est le désir de l'évasion, la soif d'alibi, d'ailleurs qui le pousse à la recherche de l'Eldorado, du Paradis, d'une Jérusalem terrestre.

L'homme est encore un amoureux.Il y a chez lui le désir qui possède son coeur de se rapprocher de l'autre, de trouver sa "soeur" ou son"frère", ce tourment de tendresse qui fait de lui un amant.

Enfin, il y a encore chez les plus nobles d'entre nous le besoin de pureté et de perfection intérieure, cette soif inextinguible de sa propre beauté morale qui font de l'homme un ascète et finalement un saint.

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17 juillet 2017 1 17 /07 /juillet /2017 09:01
Force. Jean Giono

Le vertige qui monte en même temps que la pensée humaine le long de la tige d'avoine, c'est, brusquement dévoilée, la puissance de l'amour. Si vous me parlez de force, je vous dirai que l'amour seul est la force.

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25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 09:11
Le Berger. Jean Giono

Malgré la pluie qui clapote dans le feuillage des acacias,

il viendra tout à l'heure le sage qui,

solitaire, habite de l'autre coté du chemin

cette maison ceinte d'aubépines et de ronces rouges .

Nous irons nous asseoir sous le rosier si épais

que le pluie ne le traverse pas.

Je porterai la cruche de vin doux ,

l'eau dans laquelle a bouilli l'hysope

et la petite jarre d'olives vertes.

Quand il aura mangé et bu et purifié ses mains

dans l'eau parfumée,

il aplatira près de lui la terre avec la semelle de sa sandale et,

du bout de son bâton,

il dessinera les mystérieuses figures

où sont prisonniers les dieux et les déesses.

Alors, nous discuterons ensemble

les mérites de chacun

et le duvet gris du ciel, la voix de l'eau,

le champ de tulipes, l'odeur du vent marin

nous fourniront les arguments alternés,

jusqu'à l'heure où

Vénus s'allumera sur le dos de la colline.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 07:40

Ne sommes-nous pas les alchimistes malhabiles d'un destin que nous revendiquons pour le mieux avilir? A chaque heure du jour et de la nuit, j'ai le sentiment que nous sommes là à fabriquer, sans le savoir le plaqué or de nos infortunes et le plomb de nos amères félicités. Sorciers de bos propres sottises et erreurs, nous agissons avec une telle incurie , une telle ignorance,qu'une incertaine magie opérationnelle se déroule à notre insu, brassant un embrouillamini d'éléments qui se contrecarrent, vent de bricole, et s'ouvrent à contresens.

La LUCIDITE puise si ordinairement ses lumières à la source noire, dont notre enfance a été si indûment abreuvée, que la plupart des mauvais alchimistes d'eux-mêmes, inconscients des enjeux , sacrifiant au processus d'involution, au lieu d'évolution, et opérent moins dans le sens d'une renaissance possible que d'un déclin inéluctable.

Je ne veux  pas briller de ce que je ne suis pas, je veux seulement la lumière de ce que je désire vraiment et de ce que je veux être.

Devenir soi, s'humaniser, c'est mettre l'éxubérance de la vie au service de l'harmonisation des désirs.N'est-ce pas le sens d'expressions telles que "chevaucher le tigre"ou "affronter le dragon"?Ces forces si aisément dévastatrices, sous l'effet de la rage impuissante et de l'autodestruction à laquelle les induit leur prolifération sauvage , condensent une énergie qui déplace les montagnes, creuse un défilé ou simplement révèle un passage qui me permet d'accéder à ce que j'ai de plus vrai en moi , car j'ai conscience de ma richesse et la volonté d'y atteindre.

L'alchimie est le processus d'évolution qui nous conduit de "la vie sauvage" et désordonnée à la vérité qui est en nous.Elle est la semence qui aspire à fructifier.Le dragon, qui est le souffle vital, est condamné à cracher le feu de la destruction.La poésie n'a pas d'autre but que de le rendre à ses trésors et de l'amadouer afin que, en nous les révèlant, il nous accorde la grâce d'y puiser en les accroissant sans relâche.

Il faut tout recommencer, apprendre que poétiser, c'est transformer la réalité confuse- celle où notre existence est cantonnée-en une réalité où le désir se diffuse.

La vie se propage par correspondances, non par argumentation.Elle est un réseau de communication, une "religio", au sens où rien ne la sépare d'elle-même et où elle relie les êtres.

La conscience d'une vie sans limite émane du corps, elle en est la quintessence,elle préside au processus de transmutation qui entend recréer le monde au gré des désirs qu'affine patiemment l'athanor somatique.

Ainsi, la conscience est, analogiquement, la femme par excellence.Celui qui la pénétre vraiment en est pénétré.

Telle est, en l'exercice quotidien qui la devrait manifester, la grande puissance de Vie.

 

Le chevalier, la dame, le diable et la mort.

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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 07:24

Prendre au sérieux les signaux qui parsèment le champ des possibles, où ils s'entremêlent sans être pour autant inextricables, n'est-ce pas tout simplement apprendre par quel bout saisir les évènements qui viennent à nous, en sorte qu'ils se disposent en notre faveur au lieu de caramboler et de nous heurter de plein fouet?

Le chaos des pulsions, des émotions, des pensées qui nous assaillent , sous une diversité élégante ou vulgaire, forment en nous le brouillon d'une existence où ratures, entortillements, mots justes et sonorités discordantes se chevauchent en tous sens. Nous sommes un texte à réecrire sans cesse, à ordonner, à parfaire, sous peine de le voir un jour façonner l'enfer où nous n'avons plus qu'à nous débattre, faute d'en avoir débattu à temps.

 

Le chevalier, la dame, le diable et la mort.

 

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 16:37
Le bûcheron des mots .Izu Troin

Le pays des arbres à lettres

Parfois une rencontre peut bouleverser bien des choses et nous entrainer vers l’inconnu… Cette histoire, c’est celle de la rencontre qui a changé ma vie. Cette culture d’arbres à lettres, ces greniers à mots c’est le pays où je suis né.

Chez nous les bûcherons plantent les arbres et portent leurs lettres à la cité pour en faire des livres. Car ici, Ce sont les mots des livres qui nourrissent les hommes. Je ne parle évidemment pas des livres interdits, ceux créés par les poètes et les artistes,  ces livres là, leurs mots procurent des émotions si fortes qu’ils en marquent la peau, à tout jamais. Les marqués, ceux qui fabriquent les livres interdits sont bannis, obligés de se cacher ou de se retirer loin, très loin de la société et si l’un d’entre eux est arrêté, on ne le revoit jamais.  …..

C’était l’époque où j’étais bûcheron comme mon père.  Le fil de ma vie se déroulait au gré des saisons, je faisais mon travail. A la fin de l’automne je vendais ma récolte de lettres à la fabrique de livres et j’achetais les graines de mes nouveaux arbres.

A cette occasion, les gardes vérifiaient scrupuleusement qu’aucune tâche n’entachait notre peau. Simple formalité, car dans mon enfance, mon père avait fait son devoir, il avait dénoncé une famille de marqués.

Par chance, les récoltes se vendaient bien. J’avais assez de livres pour vivre et ne pas me poser de question. Un après-midi, j’étais en plein travail …..

 Elle dévalisait mes plus beau x arbres : c’était une marquée, une qui se nourrit des livres interdits, une bannie. Je  craignais les marqués et leurs étranges pouvoirs mais plus encore qu’ils ne me contaminent...Les histoires les plus folles couraient à leur propos . Mais je devais à tout prix récupérer mes lettres.

Sa peau bariolée m’hypnotisait, j’étais envouté par le chant de ses mots. C’était déjà trop tard…

J’ai cinq ans, je suis avec mon père. Il est fier du devoir accompli et je suis fier d’être son fils….

Les souvenirs de ma mère subitement disparue m’envahirent  soudain : la douceur de sa voix, ses caresses, sa petite bourse de soie…

Elle s’appelait Béryl, sa petite fille Fauvert. Depuis l’arrestation des parents de fauvert, elle se cachait dans le nord du pays

-         Pardonnez-nous s’écria Béryl, c’est pour la petite, elle a besoin de mots pour ne pas dépérir.

Je ne pouvais les dénoncer.

-         Que la poésie vous garde remercia Béryl.

Mais quand je tendais la main…

J’étais devenu un « marqué ». Je ne savais que faire, attendre de me faire arrêter, fuir le plus loin possible ?

C’est alors que j’ai soudain compris : ma mère, elle aussi…

Avant de nous séparer, je partageais ma réserve de branches à lettres avec Béryl mais après  en avoir prélevé quelques-unes , c’est à l’enfant que je donnais  les précieuses graines de ma mère ;  c’était une espèce rare,  très apprécié des poètes …

Elle m’assura d’en prendre le plus grand soin.

Les années ont passé. Je n’ai aucun regret. Je vis depuis loin de chez moi Je cultive mon jardin et compose des livres.

Les mots magiques de Béryl et Fauvert, les précieuses passeuses d’émotion me nourrissent toujours

Isabelle Blanchard

 

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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 16:43

A ceux qui crient : Vive la mort, je réponds : ce hurlement barbare prouve votre peur, et je vais vous apprendre à ne plus avoir peur d'elle, dès lors, à ne plus être des enfants, des fous de carnage, et à devenir des hommes.

Maurice Genevoix

 

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 10:00

En brassant indifféremment enfer et paradis, la mémoire du corps rappelle qu'elle est à l'instar de la nature un chaos qui s'ordonne ou prolifère selon que je tente ou non de le gouverner humainement. Si la blessure du passé m'est une souffrance ou une irritation, ce n'est pas en me lamentant ou en la contemplant que je vais la guérir et la cicatriser, c'est en misant sur la mue,et mieux sur une transmutation.Quelque chose doit maintenant sortir, et je veux que ce soit du renouveau. Tous les renouveaux sont scellés du nom secret d'un amour.

Ma folie d'être follement heureux , c'est que l'amour de la vie soit en moi et que moi je sois en elle.Elle prend le visage d'une femme.Gorgone a retrouvé le visage solaire et radieux de l'éternelle Yseult.Eurydice sort seule de l'Erèbe et sauve de la mort ceux qu'elle croise.

Ce n'est pas un retour à l'enfance, c'est l'enfance qui, sans cesse ranimée,me nourrit , dans le défi insensé d'entrer dans unautre temps que le temps de l'écoulement, afin que, si loin que m'en écartent les années, la source soit toujours à portée.

RV

 

Le chevalier, la dame, le diable et la mort.

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 09:55

 

Je ne suis qu'un homme parmi les hommes, mais j'ai répondu sous le bandeau et j'ai gravi les trois marches. J'ai vu l'étoile flamboyante, j'ai fait le signe. Je suis un maillon de la chaîne. La chaîne est longue.Elle remonte jusqu'au siècle d'Hiram, et peut-être plus loin encore.

On trouve notre signe sur les papyrus que l'âge a teinté d'ocre, sur les feuilles où le calame a tracé les plhrases les plus belles qu'on ait pu lire.

On trouve notre signe sur les hautes cathédrales aux sommets sublimes aérées par les ventd des siècles.

On trouve notre signe jusque sur les conquêtes de l'esprit qui font l'humanité mailleure, sur la partition de Mozart, sur la page de Goethe, le livre de Condorcet, les notes d'Arago.

Et pourtant, je ne suis qu'un homme parmi les hommes, un homme sans orgueil, heureux de servir à sa place, à son rang, je ne suis qu'un maillon de la chaîne, mais je me relie à l'univers dans l'espace et dansle temps.

Je ne vis qu'un instant mais je rejoins l'Eternel.

Ma foi ne saurait faire couler le sang, je ne hais point, je ne sais pont haïr.

Je pardonne au méchant, parce qu'il est aveugle, parce qu'il porte encore le bandeau, mais je veux l'empêcher de mal faire, de détruire et de salir.

A ma place , debout et à l'ordre, j'ai travaillé de mon mieux.

Je me suis dépouillé des métaux, j'ai combattu jusqu'à la limite de mes forces le fanatisme et la misère, la sottise et le mensonge.

Je ne crains rien, pas même ce sommeil qu'on appelle la mort.

J'espère supporter la souffrance avec l'aide des miens, je saurai subir ce qui doit être subi parce que c'est la loi commune.

J'aurai dégrossi la pierre, accompli ma tâche en bon ouvrier par l'équerre et le compas.

Quand je partirai, formez la chaîne.

Rien ne sera perdu de ce qui fut donné. Je resterai toujours parmi vous car je vous laisserai le meilleur de moi-même, ô fils de la Lumière, mes frères

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 10:35

Entrer dans la concordance du vivant ne relève pas d'une contemplation mystique mais d'un défi quotidien, d'une volonté alchimique où la matière brute du désir se transmute en puissance d'incliner en faveur de la Vie l'incertitude des circonstances.

Nombre d'évidences prennent des siècles parfois avant de se manifester.

Nous n'acceptons du monde que ce qui renait à la Vie.

Nos désirs n'auraient pas de fin si nous ne mettions tant de soins à leur en assigner une. L'gnorance dont nous les entourons abrite le plus souvent la vocation de nous abîmer en regrets.C'est ainsi que la mort et le morbide viennent avant l'heure.

L'état de résignation,d'où viennent tous les malheurs , a accoutumé de regarder le bonheur comme une brève éclaircie dans le ciel de l'ordinaire tyrannie.Les moments heureux ont toujours été reçus avec cette méfiance qu'éveillent l'insolite clémence de la fatalité et le caprice de ceux qui s'arrogent le droit de les dispenser. Rien ne changera que dès l'instant où nous nous mettrons tout à la fois dans la tête et dans le corps que le bonheur ne s'acquiert pas comme une prime de retraite, qu'il relève d'une création permanente où il ne doit rien qu'à lui-même.

La meilleure façon d'ôter la satisfaction au désir, c'est de l'espérer au lieu de la vouloir sans fin.

On meurt de lassitude à ne s'atteindre jamais. Qui arrive en revancheà se tenir au centre de sa vie comme au point d'une gravitation universelle échappe en un moment à cet éparpillement de l'espace et du temps qui caractérise la "survie". Toute création de soi part de cette situation-là pour la construire.

Nous cédons trop aisément à une réaction de défense; rechercherv une "protection", c'est inviter l'ennemi chez soi sous prétexte de l'amadouer. A invoquer la peur, on pénètre sur un terrain de chasse. Seul le patient exercice de la volonté de vivre dissipe la crainte que parsème une "nécessité" qui n'est pas la notre.

Tu peux tout parce que tu ne dois rien.

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  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
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  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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