Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 08:52
Emportez-moi. Henri Michaux

Emportez-moi dans une caravelle

Dans une vieille et douce caravelle,

Dans l'étrave,ou si l'on veut dans l'écume

Et perdez-moi au loin, au loin

 

Dans l'attelage d'un autre âge,

Dans le velours trompeur de la neige 

Dans l'haleine de quelques chiens réunis

Dans la troupe exténuée des feuilles mortes

 

Emportez- moi sans me briser dans les baisers 

Dans les poitrines qui se soulèvent et respirent

Sur les tapis des psaumes et leur sourire

Dans les corridors des os longs et des articulations 

 

Emportez- moi ou plutôt enfouissez- moi.  

 

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 07:56

Encore un petit coup de vie

Pour voir si ça n'ira pas mieux

Parfois les orages dévient

Et le quignon nous dit Adieu

 

Si ce n'est pas trop demander

Encore un petit coup de vie

Bien au chaud et les yeux bandés

Pour adoucir les tragédies

 

Les yeux bandés, la bouche ouverte,

En voir de toutes les couleurs

 Des pas mûres comme des vertes

 Mais garder l'espoir du bonheur

 

Cahin-caha, caché, debout

De vie encore un petit coup

Avant de sucer l'autre bout

Des fraises murissant pour vous.

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 09:09

Parce que c'est entre les hommes

Parce que c'est une question de fleurs rouges

Entre eux depuis des siècles

Parce que la vie est belle et désirable

Comme un puits dans le ciel

Parce que malgré tout ce cheval

Est fou d'amour pour une étoile

Parce qu'il y a une réponse merveilleuse

A la mort qui se traduit par cette épaule

Tendrement inclinée vers la mer

Parce que nul ne peut chasser

La main qui vole et le moineau

Fabuliste de ma mémoire

Parce qu'il reste du cidre à boire

Dans les auberges de campagne

Parce que tu ne peux t'éloigner

Un seul instant sans que je sache

Que l'équilibre du monde est changé

Parce que le ciel qui se rapproche

Ne m'empêche pas de grandir

Parce qu'il importe d'aimer

Toute chose à ta ressemblance

Je ne m'inquiète pas du jour qui va finir

Ni de ces fleuves dépassés par l'aventure

Non plus de cet enfant vaincu qui s'achemine

A la renverse dans les blés

Je suis certain d'avoir tout fait

Pour être sauf.

 

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 08:49

Agé de cent mille ans, j'aurais encore la force

De t'attendre, ô demain pressenti par l'espoir.

Le remps, vieillard souffrant de multiples entorses,

Peut gémir:le matin est neuf, neuf est le soir.

 

Mais depuis trop de mois nous vivons à la veille ,

Nous veillons, nous gardons la lumière et le feu,

Nous parlons à voix basse et nous tendons l'oreille

A maint bruit vite éteint et perdu comme au jeu.

 

Or, du fond de la nuit, nous témoignons encore

De la splendeur du jour et de tous ses présents.

Si nous ne dormons pas c'est pour guetter l'aurore 

Qui prouvera qu'enfin nous vivons au présent.

 

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 07:56

Sur le clavier du ciel où chantent les étoiles

Lancé sur le trapèze impossible des voiles

Dans la sciure des blés habitée de perdrix

Gagnant le toit la tonte épaisse de la nuit

Tout le jour en danger mais retrouvant des ailes

Pour dépasser le monde obscur la citadelle

Est-ce mon ombre ou la lumière sous la pluie

 

Je ne sais qui je suis prisonnier de ces routes

Avec mon sang qui coule à la mer goutte à goutte

Avec ces larges plaies aussitôt pardonnées

Et mon coeur de plein vent ma grange abandonnée

 

Je vais. J'ai rendez-vous sur le plateau sans âge

Avec de vieux béliers frappés à mon image

Enfin je vais bondir sous les cornes du feu 

 

Rien ne ressemble moins à tes yeux que mes yeux

Homme étrange occupé de besognes terrestres

Qui couvres de limons la blancheur du charnier

 

Jamais tu n'oseras, usant tes propres cendres

Jeter sur le tableau les mots qui font comprendre

Que tout l'amour du monde est à imaginer

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 06:59

Je viens du ciel déclos où s'illumine le sacre des étoiles.

Je porte sur les lèvres la fontanelle du futur,

la claire certitude d'une conscience enfin resurgie.

Mon coeur est un cristal vivant dans la transparence du Temps.

Je suis sillon, je suis sillage.

Je suis sérénité du Soi qui a rejoint son vrai visage.

Je suis la source et la semence du soleil souverain de l'âme.

Je suis la chrysalide dormant encore en l'homme,

Je suis l'éveil de l'Ange enclos,

L'Initié l'Illuminé, l'Irradié d'immortalité.

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 06:55

Des tourbillons, des mondes, des années,

des flores de solstices et de mémoire,

des siècles par silos, des forêts mortes,

dont les magmas d'étoiles se dispersent,

des meules bleues de gerbes galactiques

et le temps sourd et la nuit s'alourdit.

Un astronef se perdit dans l'espace:

on dit qu'il fut sur Mars au premier jour

et qu'il mourut de lui rendre la vie.

Parfois, rôdant sur les routes stellaires

où nul vaisseau jamais ne se risqua,

loin de nos ports martiens nous guettons

la fabuleuse étincelle qui brûle

ainsi qu'un feu de saint-elme à la mâture

des nuits d'éclipse. Incandescence noire

d'un météore emprisonnant des hommes,

pulsation qui garde son secret

mais nous parvient au-delà de tant d'ombre,

braise d'un songe encore sous la cendre,

signe de vie, salamandre des âges

qui fuit et naît de soleil en soleil.

 

L'opéra de l'espace. Collection Blanche

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 08:44
Le berger des mots. Jacques Viallebesset

Couv-pollen-des-jours

Je crois à la religion de l'Amour

Sans autel ni pierre de sacrifice

Où offrir les coeurs à la cruauté 

D'eux qui n'ont d'humain que le nom

 

Je ne suis qu'un berger de mots drus 

Qui disent l'amour le bonheur et la joie

Un frère vivant de notre boule de glaise   

Où se mêlent  bêtes arbres eaux et vents  

 

A la violence aveugle de la société  

J'oppose le rythme des saisons du coeur

Aux forces animales et destructrices

Je dis l'amour de toutes  générations  

 

Je vous tends la fleur de mes mots

Qui exhalent le parfum de ce qui est

Et demeure à jamais insaisissable 

Pour que vous en savouriez la sève  

 

Je chante pour vous la vie universelle

De la braise des coeurs aux étoiles  

Le monde vous et le cosmos tenez 

Par la seule magie du verbe espérer 

 

Je vous écris de loin d'avant que naître

Des mots chiffrés du souvenir des choses 

Qui parlent aux êtres du monde entier

Et font de moi un contemporain sans âge 

 

Mes mots ne sont pas que des mots  

Un tendre bélier invisible les rameute

Pour que je les mène au foyer des coeurs

Même si j'ai bien peu de vocabulaire  

 

Il faut aimer envers et contre tout 

Aimer aimer toujours et encore 

Car la vie est brêve nichée au coeur

La mort déjà nous tend ses bras.

 

Poème extrait de Le pollen des jours  Editions Le Nouvel athanor, ISBN 9 782356 230492 

Disponible sur Amazon.fr , Fnac.com , les bonnes librairies et l'éditeur. 50 rue du disque 75013 Paris ( 15 E + frais de port) et sur sa boutique en ligne www.lenouvelathanor.com

 

Que la poésie vous garde...

 

     

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Le pollen des jours( inédits)
commenter cet article
19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 08:40

Laisse ici ton bagage d'espoirs,

De peurs secrètes, de ténèbres,

Tes oripeaux d'enfance, tes ferveurs,

Et tous les morts qui t'accompagnent

De leurs paisibles voix aimées.

Tu dois poursuivre seul,

Lourd de tes mots, de tes silences,

Sans autre recours que ton dénuement,

Pour mesurer ta vie

A l'abandon des êtres et des rêves,

Pour que ton âme s'illumine

De ce qu'elle a quitté.

 

Ce qui est écrit sur la pierre

Ne t'apprend rien que tu ne saches.

Méfie-toi de ces mots qui voudraient

Te parler de toi. Ils sont leurres.

Ce qu'ils cherchent à dire

Demeure en deça des paroles.

Fouille en toi plus profond,

Jusqu'à cette lueur qui tremble

En ce miroir embué de ténèbres

Où ton visage dort encore.

Ne désespère pas, tout est si proche,

Ta lumière ici fait silence.

 

Toutes les routes sont promises

A qui les rêve sans les voir.

L'une s'ouvre à tous les voyages,

L'autre avec toi s'enfonce au coeur du temps,

La troisième fait don d'une enfance

A celui qui n'en avait plus,

Une autre encore à l'errance t'incite

Vers une terre en friche où naisse enfin

L'espoir sous la parole et toute paix

Dans le regard des hommes.

Tu t'inventes, les yeux fermés,

Le seul chemin qui ne mène qu'à toi.

 

Ce que le monde te raconte,

Préserve-le comme un secret

Scellé sous l'écorce de la chair.

Au fond de tes yeux veille encore

L'innocence du premier regard.

Chaque syllabe en toi fait don

De sa lumière au jour qui la suscite

Et, d'un souffle, renait pour mourir

D'une autre vie, d'alle-même jaillie.

L'été, la nuit, tout t'habite à jamais,

La neige, le galet, l'oiseau perdu

Et cette flaque où le ciel nu respire.

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
19 juillet 2015 7 19 /07 /juillet /2015 08:38
L'athanor. Jacques Viallebesset

1deCouve EDC

Je suis l’athanor de moi-même

Mon cœur est en putréfaction

Sel, soufre et mercure

Coulent dans mes veines

Le plomb de mes contradictoires pulsions

Se transmute en or pur

 

Œuvre au noir de mes peines

 

Je suis l’athanor de moi-même

Mon cœur est en fusion

Passions désirs et sentiments

Brulent dans mes veines

Je me porte à l’incandescence

De ma seule identité vraie

 

Œuvre au blanc de ma  raison

 

Ce qui est en bas est comme

Ce qui est en haut. Sexe, ventre

Cœur et cerveau sont désormais reliés

Seul l’Amour vrai rend libre et lucide

Mon amour de la vie brille dans tes yeux

Nous sommes enfin nous-mêmes vivants

 

L’Œuvre au rouge  est achevé

Je renais au plus haut de moi-même

 

Copyright LE NOUVEL ATHANOR. MARS 2011S" L'écorce des coeurs" est disponible en librairie, ( diffusion Soleils) , sur amazon.fr, fnac.com et la boutique en ligne de l'éditeur

www.lenouvelathanor.com

Si vous souhaitez en recevoir un exemplaire dédicacé, veuillez m'adresser un mail à

jacques.viallebesset@orange.fr

La poésie se propage comme le pollen et se dépose au gré des vents sous l'écorce des coeurs. Que la poésie vous garde...

 

 

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Ecorce des Coeurs
commenter cet article

Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
  • Contact

L'atelier des Poètes

logo-atelier-poetes-color-web-4

Recherche

Le Recueil Édité :