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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 09:33

Ma parole est un clair torrent intarissable

Tant il y a à dire sur les passions monstrueuses

Des loups qui dévorent la chair de la raison

En humant les fleurs vénéneuses du mal

Toutes les routes qui partent du coeur y ramènent

C'est pourquoi je suis un voyageur immobile

Qui détient la clé magique des chemins de joie

Vigie à la fenêtre au coeur de vos tempêtes

Qui guette le lever du bonheur au premier jour

Dans les contrées paisibles de l'épaisseur du temps

J'attends ainsi qu'au port les bateaux de pêche

Avec le bleu du ciel à la marée des yeux

" Je donne ce que j'aime à ceux que j'aime"

Moi qui ne suis qu'un berger des mots je dis

Devenez seul le propre berger de votre vie

Accompagné d'un tambour ou d'une flûte.

 

" Sous l'étoile de Giono" 2014. Editions Alain Gorius/ Al Manar . Octobre 2014 Tous droits réservés.

Disponible en librairies et sur le site de l'éditeur www.editmanar.com

 

 

 

 

 

Un voyageur immobile. Jacques Viallebesset
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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 09:27

Nous n'oublions rien des moissons lourdes

Des plaines brûlées du long désir

Noué aux vignes des sarments rouges

De la chair des pollens de lumière

Autour des épaules des visages

Tendus vers une crête invisible

Nous sommes la mémoire du vent

Qui s'épuise au chevet de l'hiver

Quand vous ne songez plus qu'au silence

Où disparaissent même les noms

Des plus aimés de leurs plus beaux songes

Même cette paume sur la nuque

A la croisée des routes les peurs

Et leurs aveux débordant les ombres.

 

Extrait de Belles saisons obscures . Editions Arfuyen 2012

 

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 09:25
Initiation. Jacques Viallebesset

Vivre est une longue et lente initiation

Où va celui qui oublie le chemin

L'ombre de chacun repart aux ténèbres

La substance des rêves devient cendres

Je connais l'abécédaire du voyage

Dans le labyrinthe de la mémoire

Où s'entassent des livres de poussière

La langue est la maison des peuples

Où des prophètes ont les yeux ouverts

Sur des vies qui miroitent de désir

Et disent un monde couleur de miel

Entre fond de nuit et petit matin

La vie traverse le reflet des miroirs

Où j'aurai écrit la généalogie

D'une fontaine où dansent des bergers

Dans le forêt des remords perdus .

 

Extrait de " Ce qui est épars" www. recoursaupoemeediteurs.com

Illustré par Ciril.K

En vente à partir d'octobre 2015 En lithographie signée par les artistes

 

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 09:24
J'arrive où je suis étranger.Aragon

J'arrive où je suis étranger

Un jour tu passes la frontière

D'où viens-tu mais où vas-tu donc

Demain qu'importe et qu'importe hier

Le coeur change avec le chardon

Tout est sans rime ni pardon

Passe ton doigt là sur la tempe

Touche l'enfance de tes yeux

Mieux vaut laisser basses les lampes

La nuit plus longtemps nous va mieux

C'est le grand jour qui se fait vieux

Les arbres sont beaux en automne

Mais l'enfant qu'est-il devenu

Je me regarde et je m'étonne

De ce voyageur inconnu

De son visage de ses pieds nus

Peu à peu tu te fais silence

Mais pas assez vite pourtant

Pour ne sentir ta dissemblance

Et sur le toi-même d'antan

Tomber la poussière du temps

C'est long vieillir au bout du compte

Le sable en fuit entre nos doigts

C'est comme une eau froide qui monte

C'est une honte qui croit

Un cuir à crier qu'on corroie

C'est long d'être un homme une chose

C'est long de renoncer à tout

Et sens-tu les métamorphoses

Qui se font au-dedans de nous

Lentement plier les genoux

ô mer amère ô mer profonde

Quelle est l'heure de tes marées

Combien faut-il d'années-secondes

A l'homme pour l'homme abjurer

Pourquoi pourquoi ces simagrées

Rien n'est précaire comme vivre

Rien comme être n'est passager

C'est un peu fondre comme le givre

J'arrive où je suis étranger

 

Louis Aragon

 

 

 

 

 

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 11:26
Dans la marge 1 .Jacques Viallebesset

De solstice d'été en solstice d'hiver

La nature est régénérée par le feu

Sous la cendre nait un soleil invaincu

Les forces obscures de la terre sont en nous

Comme l'est aussi le murmure des fontaines

L'esprit du vent souffle à jamais sa flamme

De la gangue de boue nait le mystère

L'hysope et la lavande dorment en terre

Les mains fragiles des hommes s'unissent

Dans la communion païenne du sang noir

Combien de siècles et de lunes se noieront

D'où jaillera un incendie de lumière

Les pierres diront au ciel qui nous étions

Graines au vent entre néant et éternité.

 

Extrait de Sous l'étoile de Giono

Editions Alain Gorius/al manar

www.editmanar.com

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 09:48

 

 

S'il devait venir ce serait une nuit extraordinaire

Les touffes d'étoiles brillaient avec des racines d'or

Quand il me montra du doigt la constellation d'Orion

Je reconnus le professeur d'espérance que j'attendais 

 

La jeunesse c'est la passion de l'inutile nous dit-il 

Et il ensemença de pervenches les champs et les coeurs

Si nous savions vivre conscients nous ne serions malades

De ce trop de sang amer au lieu de sang de miel doux 

 

Il ramena un cerf qui courait libre parmi nous 

Et des biches aux cils pleurant de manque d'amour 

Dans la tendresse des herbes et l'humus des forêts

Parce qu'il voulait que la joie demeure pour tous 

 

Il fit sourdre aux corps des tambours de danse 

Comme la cadence forte du sang dans les artères

Et l'on sentit la joie aussi inépuisable que l'air 

Réveillant en nous le trop grand appêtit de vivre 

 

Une bergère seule savait sans vraiment savoir 

Elle portait en elle la joie des gestes naturels 

Ne parlait pas la langue menteuse des hommes 

Mais en initiée celle des agneaux et des oiseaux 

 

Chacun ne peut atteindre que la joie qu'il comprend  

Les passions humaines ont encore les batailles au coeur

Et la violence engendre  toujours la mort et le malheur

Alors qu'il faudrait que la joie fût tranquille et paisible 

 

Alors lucidement désespéré il avança dans l'orage

La foudre lui planta un arbre d'or dans les épaules

Et il éclata dans la nuit comme une étoile perdue 

Je l'attendrai pour revivre espérant son retour.

Extrait de  " Sous l'étoile de Giono" Chez Al Manar/Alain Gorius .  Octobre 2014  

Disponible dans toutes les bonnes librairies et sur le site www.editmanar.com

Pour saluer Giono 7 . Jacques Viallebesset
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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 07:56
Cosmos . Jacques Viallebesset

Le magma dont je suis issu

Fait de moi un doux voyageur

De l'infini et du cosmos

Ces galaxies qui gravitent

En moi me créent et me recréent

 

Des verts volcans éteints ruissellent

Les eaux primordiales de vie

Dans un labyrinthes de sources

Les perlesq des mots fraient leur voie

Vers l'estuaire de la parole

 

Le chant des voyelles s'unit

Au verbe luxuriant du ciel

Des étoiles frémissent en graines

De diamant que je mossonne

Sur l'aire des désirs sans fin .

 

Extrait du recueil " Ce qui est épars"

Recours au poème éditeurs

Disponible sur www.recoursaupoemeediteurs.com

 

Cosmos . Jacques Viallebesset
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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 08:44
Les biefs . Jean Lavoué

Ca y est tu remontes les biefs

Vers le pays où tout commence

Parmi les joncs les graminées

Compagnons des tourbières et des hérons cendrés

Tu reviens à la ferveur des saules

A la justesse du peuplier

Qui ont tissé la toile de ton être

L'ont tendue comme un carrelet

Avec eux tu chemines

Vers la nudité des grèves

Compagnons des levées d'enfance

Disposés à la joie autant qu'à l'abandon

Aux confidences comme au silence

Complices de la nuit

Déjà sauvés du naufrage .

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1 août 2015 6 01 /08 /août /2015 08:01
Avant-Dire " Sous l'étoile de Giono".J.Viallebesset

Quel territoire où se réfugier quand nous sommes en lutte avec la solitude et que notre joie a été arrachée de nous?

                                          Jean Giono

 

Adolescent, j'ai été fasciné par des reproductions de la série de tapisseries de Jean Lurçat, Le chant du monde, dénichées je ne sais où. C'était toute une cosmogonie fantastique, une véritable symphonie de l'univers où la terre, le feu l'air et l'eau dialoguaient avec les étoiles dans un chant de couleurs, où la vie tout entière vibrait de mille taches d'or et le titre, à lui seul, me transportait. Lorsque je découvris, à la vitrine d'un libraire, un livre portant ce titre, je l'achetai aussitôt. J'ouvris les premières pages et je sus, tout de suite, que " le pays où l'on n'arrive jamais" existait. Il était là, dans ces pages à la langue drue, à l'écriture trempée dans la sève des arbres, dans les gouttes de rosée d'un brin d'herbe, peuplé de personnages forts, purs, pétris d'idéal. Je m'identifiai très vite à ces hommes vagabonds, saltimbanques et artistes qui arpentaient ce pays devenu mien. Jean Giono a été pour moi ce que Bobi est pour les personnages de Que ma joie demeure, un professeur d'espérance. Ses mots n'ont pas seulement structuré mon imaginaire, ils ont effectué en moi oeuvre alchimique en me transmutant. Ses romans, dans cette période de vie où l'humain est encore malléable comme la glaise, ont été mes "évangiles" et m'ont permis de convertir mon regard sur le monde, la vie, le cosmos et leur sens. Tout au long de ma vie, j'ai porté au fond de moi ce pays et ces hommes, comme un territoire où se réfugier en dernier recours.

Pénétrer dans ces contrées du romanesque, c'est être entrainé plus loin, plus profond, au plus vrai de la réalité et de soi-même. Restait alors à transcrire ces voyages intérieurs Pour saluer Giono et écrire à la lisière de ce palimpseste, Dans les marges de ces territoires du coeur où trouver une certaine joie d'être.

JV

"Sous l'étoile de Giono" . Editions Al Manar/ Alain Gorius. 2014 . Disponible sur le site de l'éditeur www.editmanar.com , amazon.fr, fnac.com et dans les bonnes librairies , librairie Gibert et autres ...

Des extraits en sont lisibles sur le web.magazine www.recoursaupoeme.com

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 07:17

Je ne suis fils de personne

Je ne suis d'aucun pays

Je me réclame des hommes

Qui aiment la terre comme un fruit

 

Au gré de l'amour

J'aimerais m'abandonner

Au rythme des jours

Et des nuits dévoilées

J'aime le goût d'écume

La saveur des embruns

La douce amertume

Des brumes du matin

 

Reverrai-je encore l'automne

Le temps des grandes marées

Puis l'hiver où tout frissonne

Puis un printemps puis l'été

Toutes saisons pour aimer

 

Au gré de l'amour

Peut-on s'abandonner

Quand on se souvient

Ce que sera demain

Contre les humains

Qui s'aiment dans leur coin

Les forêts d'acier

Fleurissent de barbelés

 

Sommes-nous si peu de choses

Des insectes trop petits

Ne sommes-nous donc plus des hommes

Pour nous laisser faire ainsi

Est-il encore temps d'aimer

 

Au gré de l'amour

J'aimerais m'abandonner

Dans un lit de sable

Par les vagues bordé

Sous le grand soleil

Avant d'être glacé

Au bruit des abeilles

Vivre le temps d'aimer

 

Reverrai-je encore les neiges

Les feuilles mortes s'envoler

Laissez-moi me prendre au piège

Du doux plaisir d'exister

Laissez-moi le temps d'aimer

 

Je ne suis fils de personne

Je ne suis d'aucun pays

Je me réclame des hommes

Qui aiment la terre comme un fruit

 

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Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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