Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 08:14
La nuit tragique. Jacques Viallebesset

Les bois noirs avaient pris mauvaise renommée

Autour de la grosse demeure de granit gris

Le vent sifflait dru dans les branches des sapins

Colportant de sombres histoires de bandits

 

Trois jours à rester seule dans cette forteresse

Sous une neige d'angoisse qui serrait le coeur

Entre chien et loup montait en elle une frayeur

Que ne dissipaient pas les flammes de l'âtre

 

Anne-Maie avait peur sous la courte-pointe

Rouge du lit-placard qu'animaient des lueurs

Point de loup-garou ni de farfadets des rêves

Mais un homme sortant en rampant de sous le lit

 

Sondant les cloisons mettant à bas les tiroirs

Fouillant le secrétaire remuant des papiers

Puis ouvrant une fenêtre sifflant dans la nuit

Il sortit attendre à l'extérieur les malandrins

 

Fermé dehors derrière la lourde porte de chêne

L'homme suplliait pour reprendre son couteau

Avançant sa main blanche baguée sous le vantail

Anne-Marie lui trancha d'un coup le petit doigt

 

Je jure de te faire crier pitié quelque jour

Hurla-t-il s'enfonçant dans le sang de la nuit

C'est ainsi que commença la triste histoire

Des brigands enfuis dans la forêt des malheurs.

 

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Sur la route de Gaspard
commenter cet article
27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 08:13
Image d'André Siramy

Image d'André Siramy

Rappelez-vous le franc Gaspard des montagnes

Qui surgissait en bondissant

Et comme un diable dans les cabarets

A l'orée des bois noirs

 

Dans ce pays marqué par le bruit de la cognée

Au bord de cette forêt qui bleuit sous le vent

La couche de fougères du bûcheron

C'est ici que je vous donne rendez-vous

Dans ce grand matin d'herbes et d'oiseaux

Hiver sifflant de burle glacée hiver de neige

Qui poudroie dans le large de l'aube

Voilà encore que l'on s'émerveille

De ses vaillances farces et aventures

Et le renard dans son terrier se souvient

Du château des sept portes

Perdu là-bas dans la lande sous les pins

Le coeur d'une jeune fille bat étrangement

C'est sans doute comme celà dans les contes

Une sarabande folle de farfadets

 

Mes amis restez-là à partager sur la table de sapin

l'âpre vin de force et d'endurance

L'amour l'amitié font une lueur de soleil jaune

Dans vos yeux comme les fleurs des genêts

J'entonne à haute voix compagnons de mes songes

Un chant qui se lève des hommes de sève.

 

Poème inédit à paraître in " Sur la route de Gaspard des montagnes"  

 

 

 

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Sur la route de Gaspard
commenter cet article
25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 09:14

On ne trouvera plus que cendres dans mon lit

Un sang amer m'aura consumé cette nuit

Déjà j'ai rejeté mon coeur loin en arrière

Et mes chevaux vingt ans ont sauté la barrière

Ainsi le temps n'est plus où je secouais les astres

Où un geste effaçait les ombres du chemin

Je portais le front de la terre entre mes mains

J'étais semblable aux vents aux grands soleils vivaces

Mes yeux bleus remettaient chaque ciel à sa place

Il y avait encore le miel sur les collines

Des guêpes endormies dans la paix des poitrines

Et les matins d'hiver traversés par l'amour

Maintenant tout est clos

Les fleurs sans leur poison

L'horloge crucifiée au bord de la cloison

Les portes qui s'ouvraient jadis entre les branches

Et les cloches roulant les pentes du dimanche

Qui touchera jamais la corde de mon coeur

Certes pas les oiseaux ni tes seins jeune fille

Des éclats de ma chair pourrissent sur les grilles

Remords peut-être es-tu ma première douceur.

 

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 09:11
Le Berger. Jean Giono

Malgré la pluie qui clapote dans le feuillage des acacias,

il viendra tout à l'heure le sage qui,

solitaire, habite de l'autre coté du chemin

cette maison ceinte d'aubépines et de ronces rouges .

Nous irons nous asseoir sous le rosier si épais

que le pluie ne le traverse pas.

Je porterai la cruche de vin doux ,

l'eau dans laquelle a bouilli l'hysope

et la petite jarre d'olives vertes.

Quand il aura mangé et bu et purifié ses mains

dans l'eau parfumée,

il aplatira près de lui la terre avec la semelle de sa sandale et,

du bout de son bâton,

il dessinera les mystérieuses figures

où sont prisonniers les dieux et les déesses.

Alors, nous discuterons ensemble

les mérites de chacun

et le duvet gris du ciel, la voix de l'eau,

le champ de tulipes, l'odeur du vent marin

nous fourniront les arguments alternés,

jusqu'à l'heure où

Vénus s'allumera sur le dos de la colline.

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Ils ont écrit
commenter cet article
25 juillet 2015 6 25 /07 /juillet /2015 09:09

L'homme est un voyageur.Il y a d'abord dans son âme le besoin du nomade qui fait de lui un errant et un déraciné , le chasse sur les routes. C'est le désir de l'évasion, la soif d'alibi,

d'ailleurs qui le pousse à la recherche de l'Eldorado, du Paradis, d'une Jérusalem terrestre.

L'homme est encore un amoureux.Il y a chez lui le désir qui possède son coeur de se rapprocher de l'autre, de trouver sa "soeur" ou son"frère", ce tourment de tendresse qui fait de lui un amant.

Enfin, il y a encore chez les plus nobles d'entre nous le besoin de pureté et de perfection intérieure, cette soif inextinguible de sa propre beauté morale qui font de l'homme un ascète et finalement un saint.

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Ils ont écrit
commenter cet article
24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 08:49

A l'échelle du cosmique, seul le fantastique a des chances d'être vrai.Teilhard de Chardin

 

Vengeurs-1

Chapitre 1

 

Paris , 7iè jour de Nivose, an 2

 

Le pinceau du premier rayon du jour entra par la lucarne de la salle de cuve.Sous ces voûtes noircies, où régnait une fraîcheur humide de cave, qui avait une odeur de pierre et de chiffons mouillés, c'était chaque jour le même signal. Martial, ceint d'un tablier de toile blanche,penché au-dessus de l'auge fumante remplie d'une bouillie fine et blanche, se redressa, faisant apparaître son long visage où brillait sur ses lèvres un sourire empreint de tendresse, au coin duquel flottait un soupçon d'ironie. Plantant ses yeux clairs dans le regard de Gaspard, son compagnon qui lui faisait face, il attendit quelques minutes, en silence, rituel immuable, que le rayon vint se poser au centre de la cûve où baignait la pâte laiteuse.A ce moment précis, comme saluant le soleil selon la liturgie d'on ne sait quelle antique religion pâïenne où on se dirait en soi:"c'est un beau jour pour mourir", il plongea , solennelement, son châssis de fils de laiton entrecroisés dans la pâte, l'en retirabien à plat, donnant un coup de poignet sec pour qu'elle s'étale sur la forme comme une fine couche de neige, tour de main qu'il lui avait fallu des années d'apprentissage pour acquérir.Ce qui faisait, en maïtre papetier qu'il était devenu, qu'il avait la fierté de la belle ouvrage accomplie.

Puis, il fit glisser le cadre à Gaspard, son compagnon, qui le renversa avec une délicatesse que l'on n'aurait pu soupçonner chez un tel gaillard, sur une pile de feutres entassés. Alors apparut, dans sa blancheur virginale, la dernière feuille de papier fabriquée de la nuit.

Cela faisait dix ans, depuis qu'il avait quité les montagnes du Livradois et qu'il avait repris cette fabrique, ce moulin à papier installé sur la rive de la Bièvre que, nuit après nuit, se reproduisait, dans la tradition , le même rituel. Pendant que Gaspard et l'apprenti actionnaient l'énorme vis de la presse afin d'évacuer l'eau contenue dans les feuilles en ahanant, Martial caressa la dernière feuille de papier fabriqué et suivit, du bout de l'index, le filgrane innervé dans le papier: un coeur au centre duquel était inscrit un oeil , surmonté du chiffre quatre. Il fit ce geste machinal avec nostalgie car ce filigrane lui rappelait celui du moulin d'Ambert où il avait fait son apprentissage. Puis il poussa la porte séparant le moulin de son logis. Il se dirigea droit sur la cheminée où s'étaignait le feu de la nuit, s'agenouilla devant elle, mit trois bûches, se saisit du tisonnier,raviva les braises sous la cendre jusqu'à ce que les flammes se remettent à éclairer la pièce et que les bûches bourdonnent.

........................................................................

 La Conjuration des Vengeurs. Roman , de Laurent Ducastel et Jacques Viallebesset est paru aux éditions Dervy. Adapté en Bande dessinée aux Editions Glénat ( La Vallée dez hommes et Les Nobles Voyageurs), ils sont disponibles dans toutes les " bonnes" librairies .

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans La Conjuration des Vengeurs
commenter cet article
24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 08:20
Pour saluer Giono 14. Jacques Viallebesset

Il y a des vieillards de vingt ans discuteurs

Debout par la seule fatuité de leur néant

Je ne veux plus du monde que l'on nous fait

Je veux le monde que nous désirons sans fin

Etre à l'écoute des ailes qui se déploient en nous

Pour s'envoler sur les voies de la pureté

Les chemins du pain du vin et de l'amour vrai

J'aime les hommes drus comme des gerbes de blé

J'en connais aux yeux marins largement ventés

Dans esquels se lèvent les plus belles aurores

Des artisans honnêtes du métier de vivre

Rabotant les mots comme le menuisier le bois

Qui respectent la matière comme l'être aimé

Pour qui l'amour et l'ouvrage sont des raisons

De croire à la paix la tendresse et l'espérance

A l'orgueil fou du fat j'oppose la seule fierté

Des êtres sincères qui tressent en patience leur nid

De vérité de soi avec des mains de caresse

A la trompeuse forme morbide du désespoir

De la misère et de l'artifice qu'est l'argent

Répond la condition naturelle de l'homme

Refaisant chaque matin la création du monde

Et de la terre en sommeil sur son lit d'étoiles

Il faut se créer par coeur des raisons d'espérer

On ne connait que ceux que l'on aime vraiment

A ceux-là je veux dire le triomphe de la vie

Que la poésie vous garde purs et vivants

Communion de joie vraie sous la voûte étoilée.

 

Extrait de Sous l'étoile de Giono

Editions Alain Gorius/ Al Manar

disponible sur www.editmanar.com

 

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans pour saluer giono
commenter cet article
24 juillet 2015 5 24 /07 /juillet /2015 08:18

Qui n'aime pas l'eau pure a le coeur peu sincère

Qui n'aime pas le pain mal juge de la terre

Qui se calfeutre et n'aime pas le vent

N'aura pas l'aventure et n'aura pas l'espace

Ni les peurs du départ ni son destin devant.

Celui-là passe et ne sait pas qu'il passe.

 

Qui n'aime pas le feu hait la vie ou la craint

Flamme mouillée cet brûlure de joie

Qui forge les grands troncs et cisèle les brins,

Les poissons de métal, les oiseaux plume à plume,

Les fauves, les serpents pour qu'ils mangent et soient,

Et les fusées d'insctes qui s'allument.

 

Qui n'aime pas la nuit n'aime pas la pensée

Abîme à des triangles d'astres suspendu

Où les parfums de l'herbe et les vies tépassées

Tressaillent, et le monde aux dedans défendus.

 

Qui n'aime pas la mer jamais n'aima le rêve.

Stupeur des ports qui balancent leurs mâts

Déchéance éternelle et gloire de la grève,

Perle conçue aux sources des climats.

 

Qui n'aime la pudeur jamais n'aima.

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 09:06

Il faut penser; sans quoi l'homme devient,

Malgré son âme, un vrai cheval de somme.

Il faut aimer; c'est ce qui nous soutient;

Sans rien aimer il est triste d'être homme.

 

Il faut avoir douce société,

Des gens savants, instruits, sans suffisance,

Et de plaisirs grande variété,

Sans quoi les jours sont plus longs qu'on ne pense.

 

Il faut avoir un ami, qu'en tout temps,

Pour son bonheur, on écoute,on consulte,

Qui puisse rendre à notre âme en tumulte,

Les maux moins vifs et les plaisirs plus grands.

 

Il faut, le soir, un souper délectable

Où l'on soit libre, où l'on goûte à propos,

Les mets exquis,les bons vins, les bons mots

Et sans être ivre, il faut sortir de table.

 

Il faut, la nuit, tenir entre deux draps

Le tendre objet que notre coeur adore,

Le caresser, s'endormir dans ses bras,

Et le matin, recommencer encore.

 

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Mes poètes et poèmes préférés
commenter cet article
23 juillet 2015 4 23 /07 /juillet /2015 08:53
Humus. Jacques Viallebesset

Des eaux souterraines abreuvent mon coeur

D'une source résurgente du fond des âges

Venue sous l'humus des sous-sols de la vie

D'un sang ancien s'élance une sève nouvelle

 

Cet humus qui me fait homme de racines

Dans la forêt pleine de vents et de tempêtes

Nourrit la montée sans fin des sucs du futur

Pour qu'éclatent les bourgeons de la parole .

 

Poème inédit à paraître en Mai 2015 in

CE QUI EST EPARS

Chez Recours au poème éditeurs

www.recoursaupoemeediteurs.com

Repost 0
Published by Jacques Viallebesset - dans Ce qui est épars(inédits)
commenter cet article

Présentation

  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
  • Contact

L'atelier des Poètes

logo-atelier-poetes-color-web-4

Recherche

Le Recueil Édité :