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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 09:09
pensée - Herman Hesse

La tendresse est plus forte que la dureté

L'eau est plus forte que le rocher

L'amour est plus fort que la violence

 

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23 avril 2017 7 23 /04 /avril /2017 08:34
Le clown se meurt . Catherine Smits

 

Je nais chaque fois que je monte sur scène

 

Un gros nez rouge sur mon visage blême

 

Je suis l’enfant dont je me souviens bien

 

Un homme d’esprit, un poète du rien

 

 

 

J’attrape le ridicule et le fait tournoyer        

 

Avec l’élégance des désespérés

 

Je suis le fou qui transforme les blessures

 

Des âmes fêlées de mille et une brisures

 

 

 

Je jongle avec mon ballon pathétique

 

Entre tristesse et vérités cyniques

 

Mes soupirs sont une oraison d’amour

 

Qui bat doucement la mesure des tambours

 

 

 

Je verse des larmes que personne ne remarque

 

Détresse muette, miroir de mes grimaces

 

Je tente de vous prendre par le bout du cœur

 

Je ne suis pour vous qu’un stupide amuseur

 

 

 

Je trébuche sur le gradin de vos rires

 

Mes pieds dans cette humaine tragédie

 

Bienvenue dans le cirque de l’Univers

 

J’ouvre mes bras d’étoiles et de poussière

 

 

 

L’heure de ma dernière farce a sonné

 

Je rejoins ma verdine les bras chargés

 

De la misère du monde et de vos peurs

 

Sous son fardeau, le clown se meurt

 

 

 

Mais avant de tirer ma révérence

 

Avant de toucher le fond en silence

 

Il me reste l’ironie du désespoir

 

Pour ceux qui n’ont rien compris à l’histoire.

 

 

 

 

 

Catherine Smits

Poème inédit

 

Tous droits réservés

 

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22 avril 2017 6 22 /04 /avril /2017 07:50
Tes mains d'oiseau . Florence Jeryas

J'apparais à moi-même

Avec tes mains d'oiseaux

Arabesques sourcières

Qui m'érigent en rameaux

Je m'ouvre en éventail

Mes souffles agitent le vent

D'intimes fiançailles

Sacrent tous nos serments .

Poème inédit

 

 

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16 avril 2017 7 16 /04 /avril /2017 11:04

                                                                 à ceux de 14-18

J'ai vingt-deux ans et je ne veux pas mourir

Dans la bouee mêlée du sang des bêtes et des hommes

Leurs yeux vitreux luisent comme ceux des moutons

Dans le grand troupeau de cette folle boucherie

 

Sous le brasillement d'étoiles qui remplit le ciel

Ils sont des milliers qui roulent comme un ruisseau

Derrière le bélier dans la verte fraîcheur moussue

Chant éternel et vivant de la terre au cosmos

 

Le temps est figé dans l'attente et l'angoisse

Le monde est rétréci à cinq mètres de soi

Au-delà le pays mystérieux d'où vient la mort

L'aube se lève toujours sur des ruines horrifiées

 

Au pays on allait au verger faire la sieste dans le foin

Je le revois toute chaude avec ses mains de caresses

Qui passait ses doigts dans l'épaisseur de mes cheveux

Et j'ai cette grande faim dont elle est le pain

 

Je veille dans la plaie d'un éclatement de mines

Avec des cadavres entassés comme parapet

Une mitrailleuse rythme ma sourde inquiétude

J'entends l'agonie lente d'un blessé entre les lignes

 

Mon amour il faut que je te dise ce que j'ai fait

J'ai levé haut ma main à dix mètres et il a tiré

Comme le renard se ronge pour briser le piège

Il me reste une main douce pour te caresser 

 

Le berger prit l'enfant dans ses bras en corbeille 

Et lui dit: tu aimeras les étoiles de la nuit

Il te sera donné de porter le sac des autres

Et d'être au bord des routes comme une fontaine .

 

Extrait de "Sous l'étoile de Giono" . Editions Al Manar/Alain Gorius 2014.

Disponible en librairie, amaon.fr, fnac.com et www.editmanar.com  

 

 

 

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14 avril 2017 5 14 /04 /avril /2017 08:08

Ils n'existent pas, les poètes

Ils naissent sans cesse

Et surgissent sans prévenir

De la glaise du poème.

 

Qui est-il cet autre qui nous rêve?

 

Ils vont chercher de par le monde

Eux, les poètes

La terre creuse et désoeuvrée.

 

Une chimère défigure la Parole perdue

Et le poète entame son pélerinage

Un désert noir fond sur les blés

Et le poète l'arrête d'un cri d'enfant

 

Qui sait la lettre qui ouvrira la lucarne?

 

Il y a un être entier dans la paume de nos mains

Et nous ne voyons rien

Ou si peu-

                 les poètes 

 

Matthieu Baumier . Le silence des pierres. Editions Le Nouvel Athanor.

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13 avril 2017 4 13 /04 /avril /2017 07:41

Désapprendre. Déconditionner sa naissance. Oublier son nom. Etre nu.

Dépouiller ses défroques.Dévêtir sa mémoire.Démodeler ses masques.

Déchirer ses devoirs. Défaire ses certitudes. Désengranger ses doutes.Désemparer son être.

Débaptiser sa source. Dérouter ses chemins. Défeuiller ses désirs.Décharner ses passions.

Désacraliser les prophètes. Démonétiser l'avenir. Déconcerter l'antan. Décourager le temps.

Déjouer la déraison. Déflorer le délire. Défroquer le sacré. Dégriser le vertige.

Défigurer Narcisse. Délivrer Galaad. Découronner Moloch. Détroner Léviathan.

Démystifier le sang. Désencombrez votre âme. Déséchouez vos échecs. Désenchantez le désespoir. Désenchainez l'espoir.

Désamorcez vos peurs. Désarrimez vos coeurs. Désespérez la mort.

Dénaturez l'inné. Désincrustez l'acquis. Désapprenez-vous.

Soyez nu.

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 07:42
Un rêve éveillé. Jacques Viallebesset

Le désir de quelque chose d'invisible

A germiné introuvable et indicible

Pour être libre de choisir ce qui nous lie

Aux autres et au troupeau d'étoiles du ciel

 

Dans ce monde où la lumière ne pénètre pas

Où des taupes aveugles courent dans tous les sens

Tandis que les trois singes demeurent assis

Refusant d'entendre de voir et de dire

 

Ombres que nous sommes en quête du soleil

Qui vivons endormis dans un rêve éveillé

Nous sommes nés pour l'amour non la haine

Les portes du songe donne accès à la vie .

 

JV

Extrait de CE QUI EST EPARS

editions le nouvel athanor

disponible sue www.lenouvelathanor.com

Sur une image de Dominique Bertrand

 

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 09:20

Je ne cherche pas d'images dans les songes

mais dans l'inconnu du monde,

aux rives de la terre et en tous lieux inhabités,

aussi bien sous le ciel millimétré des almagestes

que près des récifs de vieux portulans

même si mes regards et mes pas sont d'abord accordés

aux grandes dépressions de sable, d'herbe ou de neige.

 

Chaque tracé porte mes caravanes

qui vont interminablement d'égarements en bivouacs

pour oublier le but et se mettre à distance,

sans épices, sans houppelande ni porcelaine ni encens;

un jour elles sont en Judée chargées de manuscrits

ou bien près du Rio Grande aux portes d'Albuquerque

avec des caisses de bières et des caisses de fusils.

 

Il n'est pas de parcours étroit

dans un atlas qui met le centre aux pôles

aux sources du Gange, au coeur de l'Amazone;

lignes, courbes, chiffres, latitudes, longitudes

n'ont plus souci du labyrinthe à sens unique

avec sortie par le guichet d'immigration,

la vie est dans les marges et tout est no man's land.

 

Une carte dépliée, c'est Byzance

à deux battements de cils de Novgorod,

c'est les îles de la Sonde sous le vent des Marquises,

un cavalier qui passe à gué de Cadix à Tanger,

C'est Katmandou, Lhassa, Srinagar, Dehra Dun,

Yarkand, Kaza, Keylong, Bénarès, Darjeeling

sous l'empire espéré d'un Kanisha troisième du nom.

 

Je fais tourner le globe et garde la tête chaude,

quel raid nous allons mener Gengis!

quelles merveilles nous allons conter Messire Polo!

quelle chimère nous allons forcer plus à l'Est Csoma!

partout nos courses à l'estime sont exactes

nous avons nos chamans, la science du vide au ras du sol

et ces zones sans fin où ranimer nos âmes mortes.

 

La route va où elle veut

et je ne déroute que moi par instinct ou caprice

comme on prend le premier train qui part

le premier bus qui klaxonne au matin

le premier bateau qui frémit au bout de l'embarcadère,

comme on s'offre un nouveau destin sur le papier

et la chance d'être plus que soi, ailleurs.

 

 

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 07:20

                                                                              à Catherine.S

 

Est-on un jour assez nu sous tous les masques

Pour atteindre tout au fond de soi et des autres

Le doux noyau commun de la fraternité

L'espérance est un fragile brin d'herbe vert

 

Tant qu'il y a de l'eau pour dévaler les monts

La vie souveraine coule des lèvres mouillées

Et derrière elle portant le rêve des hommes

Se lève l'espoir éternel de l'amitié

 

La terre tourne la vie roule inexorablement

Les lointains d'un bleu d'argent mangés par la lumière

Elargissent la vie qui bouillonne au cœur

Et jaillit dans un regard brillant de ferveur

 

Ma seule sœur des rendez-vous d'amour manqués

Il n'est pas bien tard avant que vienne le soir

Nous lèverons encore vers le côté du jour

Nos verres à la rencontre du premier rayon

 

Et la vie reprendra son goût et sa chaleur

Car un feu secret veille qui ne veut s'endormir

Et qui attend rougeoyant au fond de nos cœurs

Jusqu'à ce que la nuit définitive tombe.

 

Poème inédit à paraître in " La cinquième saison"

Tous droits réservés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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2 avril 2017 7 02 /04 /avril /2017 08:23
Mesanges .Jacques Viallebesset

Et si nous arrivions à faire la vie plus vraie

Légère comme perles de sang et de rosée

Les ailes des mésanges font une promesse

Que nous saurions entendre sans qu'elle nous blesse

 

Un jour autre est possible sans mensonge

Qui n'est pas la vapeur éthérée des songes

Il est pourtant tenace au cœur des hommes

L'espoir de ceux qui ouvrent cœur et paumes

 

C'est toujours de trop loin qu'on se réveille tard

De jours lourds d'habitudes et de noirs hasards

On dit des paroles qu'on ne saurait comprendre

Le bonheur d'être soi est toujours à apprendre

 

JV

Poème inédit à paraître in " La cinquième saison"

Tous droits réservés

 

 

 

 

 

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  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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