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7 août 2017 1 07 /08 /août /2017 19:01
Le brame. Jacques Viallebesset

La biche est muette dans les harpes du vent 

Le cerf brame dans le silence du temps 

 

Plus de clairière verte en écartant les branches 

La fontaine est tarie où la main se penche 

 

Un gouffre béant s'ouvre dans la poitrine 

Les cendres du coeur ne seront plus farine 

 

Les larmes ruissellent tout au long du chemin

Où les pas de l'homme s'enfoncent dans le chagrin 

 

Il revoit sous ses paupières la biche blessée 

Vibrante dans ses mains qui la faisaient danser 

 

Les écureuils ont beau chercher leurs noisettes 

Le rouge-gorge est muet qui dort dans sa tête 

 

Tout ce qui revient au coeur l'emporte vers elle 

L'herbe qui tremble comme une ombre fidèle 

 

La rumeur des grands bois clame leur souffrance 

Eparpillant aux vents leurs mots d'espérance 

 

Ô temps évanoui de la cinquième saison 

L'homme va sur un fil au bord de l'horizon 

 

La solitude ravage les coeurs d'un grand feu 

Lui met genou en terre la cendre dans  les yeux . 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 08:01
Belles saisons obscures Gérard Bocholier

Nous n'oublions rien des moissons lourdes

Des plaines brûlées du long désir

Noué aux vignes des sarments rouges

De la chair des pollens de lumière

Autour des épaules des visages

Tendus vers une crête invisible

Nous sommes la mémoire du vent

Qui s'épuise au chevet de l'hiver

Quand vous ne songez plus qu'au silence

Où disparaissent même les noms

Des plus aimés de leurs plus beaux songes

Même cette paume sur la nuque

A la croisée des routes les peurs

Et leurs aveux débordant les ombres.

 

Extrait de Belles saisons obscures . Editions Arfuyen 2012

 

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4 août 2017 5 04 /08 /août /2017 14:44
Poème indésirable. Armand Robin

On supprimera la Foi 

Au nom de la Lumière

Puis on supprimera la lumière 

 

On supprimera l'Âme 

Au nom de la Raison 

Puis on supprimera la raison 

 

On supprimera la Charité 

Au nom de la Justice 

Puis on supprimera la justice 

 

On supprimera l'Amour 

Au nom de la Fraternité 

Puis on supprimera la fraternité 

 

On supprimera l'esprit de Vérité 

Au nom de l'Esprit critique 

Puis on supprimera l'esprit critique 

 

On supprimera le ens du Mot 

Au nom du sens des mots 

Puis on supprimera le sens des mots 

 

On supprimera le Sublime 

Au nom de l'Art 

Puis on supprimera l'art 

 

On supprimera les Ecrits 

Au nom des Commentaires 

Puis on supprimera les commntaires 

 

On supprimera le Saint 

Au nom du Génie

Puis on supprimera le génie 

 

On supprimera le Prophète 

Au nom du poète 

Puis on supprimera le poète 

 

On supprimera l'Esprit 

Au nom de la Matière 

Puis on supprimera la matière 

 

AU NOM DE RIEN ON SUPPRIMERA L'HOMME 

ON SUPPRIMERA LE NOM DE L'HOMME 

IL N'Y AURA PLUS DE NOM

 

NOUS Y SOMMES. 

Les poèmes indésirables 

 

 

 

 

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 16:09
La cinquième saison - René-Guy Cadou

S'il faut nommer le ciel je commence par toi 

Je reconnais tes mains à la forme du toit 

 

L'été je dors dans la grange de tes épaules 

Les hirondelles de ta poitrine me frôlent 

 

Dressées contre ma joue les tiges de ton sang 

Le rideau de ta chevelure qui descend 

 

Je te cache pour moi dans la ruche des flammes

Reine du feu parmi les frelons noirs des âmes 

 

Par l'automne épargné tes yeux sont toujours verts 

Les fleuves continuent de passer au travers

 

Ton souffle achève au loin le clapotis des plaines 

On ne sait plus si c'est le soir ou ton haleine 

 

En hiver tu secous la neige de ton front 

Tu es la tache lumineuse du plafond 

 

Et je ferme au-delà des mers le paysage 

Avec les hautes falaises de ton visage 

 

L'étrave du printemps glisse entre tes genoux 

Lentement le soleil s'est approché de nous. 

 

Tu traverses la nuit plus douce que la lampe

Tes doigts frêles battant les vitres de ma tempe

 

Je partage avec toi la cinquième saison 

La fleur la branche et l'aile au bord de la maison 

 

Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse

Sur le mur le dernier reflet d'une caresse. 

 

 

 

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 07:33
J'en appelle. Jacques Viallebesset

                                                                   à Matthieu Baumier 

S'il est toujours minuit en ce siècle 

A la kermesse des étoiles 

Le meilleur est encore à venir

Les épiciers du coeur tiennent boutique 

Sous le bec des vautours 

La chair quitte les os 

Ce monde est un vaste charnier 

Les hommes cherchent en vain leur ciel 

Dans le regard vitreux des autres 

 

Pour que le coq puisse annoncer l'aurore

J'en appelle aux clowns et aux prophètes 

Aux bateleurs, aux rêveurs, aux jongleurs

Et au coeur de soleil des forains 

Il faut replanter l'arbre de vie 

Dans l'humus des coeurs

Avant que l'océan de la mort

Engloutisse la terre où, êtres sans destin,

Nous errons en quête de notre Orient

 

On ne pourra pas dormir tranquille 

Tant que l'on n'aura pas les yeux ouverts 

Restent le courage et la lucidité 

Pour aimer en dernier recours 

Notre réalité est plus grande que les illusions 

Nous savons que nos jours sont comptés 

Nos colères rouges doivent refleurir 

Bien que les coquelicots soient éphémères 

Afin de partager le beau pain des forts et des sages 

 

Pour que la sève irrigue nos branches

J'en appelle aux buveurs de lune, 

Aux alchimistes du verbe qui allument 

Des soleils d'or au coeur de la nuit 

Aux conquérants de la Toison d'or, 

Aux guetteurs de l'invisible et de l'indicible

Aux chercheurs de Graal et aux fils du vent 

Aux chercheurs de mots de feu 

Et aux professeurs d'espérance

 

S'il est minuit dans ce siècle

A la kermesse des étoiles

Le meilleur est toujours à venir

J'en appelle à vous Nobles Voyageurs 

Qui traversez l'espace et le temps 

Moi, qui suis un arbre en marche 

Dont les racines sont dans le ciel 

Je m'en remets à vous Merlin et Mélusine 

Et vous, mes semblables, que la poésie vous garde...

 

Extrait de LE POLLEN DES JOURS , ed Le nouvel athanor. 2014

repris in Anthologie Jacques Viallebesset , ed Le nouvel athanor. 2017 

disponible sur www.lenouvelathanor.com 

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3 août 2017 4 03 /08 /août /2017 06:53
La sève .Jacques Viallebesset

L'esprit de la sève donne sens au mystère

De toute vie dans sa poussée vigoureuse

C'est bien la même eau qui roule dans mes veines

Comme le sang de la terre coule aux fontaines

 

La fleur prend son élan caché vers la lumière

Son chiffre et la forme du fruit sont issus

Des semblables particules élémentaires

De l'infini fourmillant d'astres à la terre

 

L'arbre est déjà entier dans le brin d'herbe vert

Qui pousse droit pour demain répondre au soleil

Au même pays tous les chemins du monde mènent

Sous l'écorce drue des hautes futaies humaines

 

Le torrent dévale comme s'il était l'artère

Où martèle en secret le pouls de la vie

De l'atome au cosmos la nature est une

Qui nous tient debout entre soleil et lune .

 

JV

Poème inédit à paraître in " La cinquième saison"

Tous droits réservés

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 07:15
Pour saluer Giono 14. Jacques Viallebesset

Il y a des vieillards de vingt ans discuteurs

Debout par la seule fatuité de leur néant

Je ne veux plus du monde que l'on nous fait

Je veux le monde que nous désirons sans fin

Etre à l'écoute des ailes qui se déploient en nous

Pour s'envoler sur les voies de la pureté

Les chemins du pain du vin et de l'amour vrai

J'aime les hommes drus comme des gerbes de blé

J'en connais aux yeux marins largement ventés

Dans lesquels se lèvent les plus belles aurores

Des artisans honnêtes du métier de vivre

Rabotant les mots comme le menuisier le bois

Qui respectent la matière comme l'être aimé

Pour qui l'amour et l'ouvrage sont des raisons

De croire à la paix la tendresse et l'espérance

A l'orgueil fou du fat j'oppose la seule fierté

Des êtres sincères qui tressent en patience leur nid

De vérité de soi avec des mains de caresse

A la trompeuse forme morbide du désespoir

De la misère et de l'artifice qu'est l'argent

Répond la condition naturelle de l'homme

Refaisant chaque matin la création du monde

Et de la terre en sommeil sur son lit d'étoiles

Il faut se créer par coeur des raisons d'espérer

On ne connait que ceux que l'on aime vraiment

A ceux-là je veux dire le triomphe de la vie

Que la poésie vous garde purs et vivants

Communion de joie vraie sous la voûte étoilée.

 

Extrait de Sous l'étoile de Giono

Editions Alain Gorius/ Al Manar

disponible sur www.editmanar.com

 

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 07:13
Malenfance. Jacques Viallebesset

Des hommes galopent dans la nuit

Debout dans leur manteau d'étoiles

Traquant les loups de Malenfance

Dans la forêt des sortilèges

La crinière de leurs chevaux noirs

Sont des vagues d'écume blanche

Ils viennent à la rencontre des hommes

Brandissant l'amour tel une torche

Un soleil d'or qu'on imagine

Rougeoie dans la forge de nos coeurs

Une étrange ferveur nous gagne

Leurs montures piaffent d'impatience

Pour aller aux paupières de l'aube

Où la lumière vaporeuse dissipe

Le carnaval des astres qui meurent

J'écoute le chant d'un rouge-gorge

Qui monte sans fin de mon sang.

 

Poème extrait de  " Ce qui est épars"

Recours au poème éditeurs . Mai 2015

www.recoursaupoemeediteurs.com

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1 août 2017 2 01 /08 /août /2017 07:12
Lorsque je serai mort. H. Gougaud

Qu'on me lave de vin lorsque je serai mort

que le sang de la vigne envahisse nos veines

au jugement dernier qu'on amène mon corps

parfumé de raisin de menthe et de verveine

 

 Femme aux plaisirs humains à la sève des fleurs

que ton coeur affamé jamais ne se dérobe

les chemins de l'amour sont ravinés de pleurs

si tu passes par là relève bien ta robe

 

Ne traine pas ta peine à mon enterrement

je n'y veux que sanglots de bonbonne bien pleine

où que j'aille j'irai couronné de sarments

droit comme le cyprès bon comme la romaine

 

Bon comme le festin aux dernières bouchées

bon comme le bon vin à la dernière cruche

et bon comme la nuit où je serai couché

à l'abri des embruns à l'abri des embûches

 

Le temps est une cage elle sera brisée

je prendrai mors aux dents vers l'espace immobile

et je tendrai les bras pour un nouveau baiser

au germe du raisin palpitant sur l'argile

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31 juillet 2017 1 31 /07 /juillet /2017 15:09
Le temps de dire. Jacques Viallebesset

                                                                         

Le monde naît de la parole

Mais les mots sont en exil

A ramasser sur la terre fertile

A partager de main en main

Ardents à rallumer les braises

 

Seul le chant de la flûte fascine l’oiseau

Dont les trilles se font piéger sur la page

 

Je suis l’humble serviteur

De cette  parole à venir

En arpentant l’imaginaire

Je défriche vos silences

De ce coté-là de la rive

 

J’écris entre les lignes d’un horizon vide

Pour rendre saveur drue et sève à la vie

 

Entre déjà là et pas encore

C’est toujours le temps de dire

Avant la porte ultime du destin

Que l’ondée fertile des mots

Fasse reculer la mort lente

 

Si les poèmes se dissipent en fumée bleue

Qu’ils emportent ma mémoire en bagage .

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  • : L'atelier des Poètes - par Jacques Viallebesset
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  • : VIVRE POETIQUEMENT, L'AMOUR VRAI, LA JOIE D'ETRE sont les trois facettes d'une seule et même chose qui se nomme: ETRE et ne pas seulement exister. Lorsqu'on vit poétiquement, forcément, ça laisse des traces....
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