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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 05:00

 

 

Otages. Salah Faik. éditions al-Manar. 2011

 

Entre Irak et Philippines

 

" parce que j'ai toujours laissé mes paumes ouvertes, L'ordre de partir m'a réveillé" constate avec amertume Salah Faik. Qu'emporte avec lui un homme sur les chemins de l'exil?Quelques photos, des rêves inachevés, des visages d'amis maintenant disparus, le fracas des armes dans les oreilles, et, malgré tout, quelques espoirs où des"îles inondées émergent, des joies s'ouvrent. Un bien maigre et pourtant bien lourd bagage que ces trente-trois poèmes extraits des six recueils publiés de ce poète d'origine turque, né en Irak,qui, accomplissant sa promesse, vit aujourd'hui aux Philippines où"heureux des cochons mouillés qui l'entourent, il voit juste un humain qui  se reconnait en toute chose". Il s'agit bien, certes, d'un exil obligé par une dictature qui a pris des vies en otages et Salh Faik nous parle bien de cette réalité, mais au-delà de celle-ci une autre réalité apparait, qui fait que l'on a trop tôt quitté la jeunesse et que l'on cherche à la retrouver tout au long de sa vie. Ce pays-là est commun à tous les humains et dans toutes les langues du monde se dit: "nostalgie".

 

Alain-Jacques Lacot. Le Magazine littéraire. Juillet-Aout 2011

 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 05:15

A Tahar Djaout,

A tous les artistes et intellectuels assassinés dans le monde

 

Ils débarquèrent tout noir

Dans le silence de la nuit noire

 

Ils fracassèrent la porte

Les tiroirs le lit et les cendriers

 

Ils prirent ses crayons noirs

Ses feuilles noircies et blanches

 

Ils enchainèrent ses bras frêles

Et baillonèrent sa grande gueule

 

Ils repartirent tout noir

Dans le fracas de la nuit noire

 

Et s'arrëtèrent dans une forêt noire

Un corbeau rodait déjà dans le noir

 

Ils coupèrent d'abord ses doigts

En premier les index qui accusent

 

Ils crevèrent le vert de ses yeux

Quand le désespoir est leur vision

 

Ils coupèrent sa langue NON

Quand la meute ne hurle que oui

 

Ils percèrent ses tympans sourds

A leur musique de bruits de botte

 

Ils arrachèrent son coeur palpitant

Violet d'amour qu'ils ne connaaissent

 

Puis dans la terreur de la nuit noire

Ils fracassèrent son cerveau lumière...

 

Des milliards d'étoiles jaillirent

Tourbillon spiral dans le ciel noir

 

Et depuis ce jour scintillent les étoiles

Dans la beauté des nuits noires

 

Inédit. Tous droits réservés.

Avec l'aimable autorisation de Barek Abas

 

 

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30 juin 2011 4 30 /06 /juin /2011 05:00

La seule chose que nous devons craindre est la crainte elle-même.

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29 juin 2011 3 29 /06 /juin /2011 05:00

Le corps se nourrira de ses doigts, de son ventre

et de sa poitrine

le corps se nourrira de ses ailes

te fera goûter sa peau et sa chair et sous ton poids tes os s'étireront

comme les tendres branches d'un saule qui se balance

comme une pâte levée au prix de longues nuits

et tu oublieras que c'est ton corps

tu deviendras une masse spirituelle

et tu oublieras de prendre

d'avaler

et de respîrer

 

pour atteindre celle qui court lentement

qui avance et recule

impétueuse et prudente

brûlante et glaciale

ardente et fraîche

mouillée et sèche

douce et amère

tu jailliras liquide blanc

odeur d'océan

et d'écume

dévorant la langue et ce qui reste

 

Par la fontaine de ma bouche . Editions Bruno Doucey 2011

 

De blessures en caresses

 

" C'est encore une femme que chante la poète Maram al-Masri dans "Par la fontaine de ma bouche", une femme aimée d'un amour charnel. Il n'est question ici que de corps à corps, de caresses, de passion et d'émotion, d'érotisme enfin. Ce sont les chants d'amour du "cantique des cantiques" glorifiant le ventre, les seins, le sexe, exaltant le désir, le plaisir et la jouissance. Maram al-Masri nous parlerait-elle des amours sapphiques et de la fontaine de sa bouche, seraient-ce les mots de Lesbos qui couleraient? Oui, à condition d'entendre que c'est avec La Poésie que Maram al-Masri fait l'amour. Oui, si l'on comprend qu'elle se donne tout entière à la poésie en même temps que celle-ci s'incarne en elle et par elle, dans une relation égalitaire. Sappho, oui, plutôt qu'Ishtar ou Shéhérazade auxquelles elle se réfère pourtant ou plus exactement une Louise Labé de la modernité, renoant avec le lyrisme incandescent de la poètesse de l'antiquité et comme elles deux nous rappelant que la poésie est féminine".

 

Alain-Jacques Lacot . Le Magazine littéraire. Juillet-Aout 2011

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 05:15

Créer, non posséder.

Oeuvrer, non retenir.

Accroître, non dominer.

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 05:00

Prends le verre dans une main, telle une tulipe du mois de mai!

Avec une jolie à joues de tulipe, si le jour s'y prête, sois gai!

Fais la fête! Bois du vin dansla douceur du temps!

Le temps vieillissant dans l'argile va s'allonger!

 

Je suis ivre rien qu'en voyant les verres de vin!

Je suis poète en feu rien qu'en regardant les jolies!

Je fais de l'ivresse en regardant les verres de vin!

Je fais des vers quatre par quatre en regardant les jolies!

 

ô coeur, puisque le destin te tourmente

Et puisque l'âme sincère doit te quitter, ô corps,

Dans l'herbe, assieds-toi et fais la fête quelques jours

Avant que l'herbe pousse sur ta tombe pour toujours.

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28 juin 2011 2 28 /06 /juin /2011 05:00

Tout ce qui prend teinte et s'ouvre et fait enfance

Tout ce qui devient paume haleine et palpitation

Ce premier pavois frissonnant fragile

Cette précocité de la lèvre cette peau

Trop parfaite au printemps comme une invite à la blessure

Mais d'habitude il me semblait déjà qu'à cette époque à cette époque

La feuille laissait voir le sang la première étoile un point une promesse

De la rose

Et si la rose cette année

Parce qu'il n'y a pas eu suffisamment de neige ou trop de glace

Si la rose dans sa profondeur atteinte éteinte était

Absente cette année ou comment appeler celà

Si c'était fini de la rose

Fichu flambé forclos de la rose

Pour quelque mal souterrain quelque éclosion de larves inconnues

Une rouille avant l'heure un tarissement de sève

Une sorte de fièvre puerpérale dans la pourpre et la pâleur

Un blanc d'odeur ou pire un cheminement d'hormones

Une déroute des parfums la fente et la faille à la fois

La faillite si c'était la faillite

De la rose

Comme c'est long comme c'est long cette année

Cette interminable attente de la rose

Et puis à l'épuisement du souffle à l'impossible

De la feinte à la perte de l'impassibilité

Qu'elle perce enfin qu'elle perce

Imperceptible encore mais

Qu'elle perce

La rose

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27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 05:15

Il n'y a pas d'amour. Il n'y a que des preuves d'amour.

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 05:15

La poésie est à la vie ce qu'est le feu au bois. Elle en émane et la transforme

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26 juin 2011 7 26 /06 /juin /2011 05:00

Le véritable Nom n'est pas celui qui dore les portiques,

illustre les actes; ni que le peuple mâche de dépit;

 

Le véritable Nomn'est point lu dans le Palais même, ni

aux jardins ni aux grottes, mais demeure caché par

les eaux sous la voûte de l'acqueduc où je m'abreuve.

 

Seulement dans la très grande sécheresse, quand l'hi-

ver crépite sans flux, quand les sources, basses à

l'extème, s'encoquillent dans leurs glaces,

 

Quand le vide est au coeur du souterrain et dans le sou-

terrain du coeur, - où le sang même ne roule plus,-

sous la voûte alors accessible se peut recueillir le Nom.

 

Mais fondent les eaux dures, déborde la vie, vienne le

torrent dévastteur plutôt que la Connaissance!

 

 

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