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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 12:21

Au commencement du monde, quand dieu décida de créer la femme, il se rendit compte qu'il avait épuisé tous les matériaux solides en créant l"homme et qu'il ne disposait plus de rien.

Devant ce dilemme et après une profonde méditation, voilà ce qu'il fit. Il prit:

- la rondeur de la lune

- les suaves courbes des vagues

- la tendre adhérence du liseron

- le tremblant mouvement des feuilles

-la sveltesse du palmier

- la teinte délicate des fleurs

- l'amoureux regard de la biche

- la joie du rayon de soleil

- les gouttes des pleurs des nuages

- l'inconstance du vent et la fidélité du chien

- la timidité de la tourterelle et la vanité du paon

- la suavité de la plume du cygne et la dureté du diamant

-la douceur de la colombe et la cruauté du tigre

- l'ardeur du feu et la cruauté de la neige...

 

Il mélangea ces ingrédients , format la femme et la présenta à l'homme.Une semaine plus tard, l'homme vint et lui dit:

- Seigneur, la créature que tu m'as présenté me rend malheureux, elle requiert toute mon attention, ne me laisse jamais seul, bavarde intensément, pleure sans raison, s'amuse à me faire souffrir...Je viens te la rendre car JE NE PEUX PAS VIVRE AVEC ELLE.

-Bien, répondit dieu , et il reprit la femme.

Une semaine plus tard, l'homme revint et dit:

- Seigneur, je me sens très seul depuis que je t'ai rendu la créature que tu m'avais donné pour compagne. Elle chantait et jouait à mon coté, elle me regardait avec tendresse et son regard était une caresse, elle riait et son rire était musique, elle était belle à voir et douce dans ma caresse. Rends-la-moi car JE NE PEUX PAS VIVRE SANS ELLE

 

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18 mai 2011 3 18 /05 /mai /2011 05:00

Le désespoir n'a pas d'ailes,

L'amour non plus,

Pas de visage,

Ne parlent pas,

Je ne les regarde pas,

Je ne leur parle pas

Mais je suis bien aussi vivant

Que mon amour et mon désespoir.

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17 mai 2011 2 17 /05 /mai /2011 05:00

Je suis de bois, mes mains et mon visage.

De bois je suis, oui, de dur coeur de chêne,

Oeuvre gauche d'un sculpteur malhabile

Mais les forêts frémissent dans mon coeur.

 

Je suis léger jusqu'au bout de mes branches,

Mal équarri du torse et lourd du tronc.

Mais des oiseaux y peuplent mes dimanches,

Les vents y font virer leurs escadrons.

 

Arbre perdu dans les futaies humaines

Où la cognée bat parfois sourdement

Arbre pleurant ses lyres incertaines,

Arbre immobile en la forêt dormant,

 

Ecartelé d'incessantes tempêtes,

Indifférent au souffle chaud des bêtes,

Aveugle et sourd aux sources dans la mousse,

Déjà prêt pour sa chute ténébreuse,

 

Déjà paré pour son éternité.

 

Maurice Fombeure

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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 14:47

22 Janvier 1905 :

                        Un défilé ininterrompu duquel émergent drapeaux rouges et drapeaux noirs se dirige à travers les rues de Paris vers le cimetière de Levallois , suivant le corbillard de 5° classe où se trouve le cercueil de Louise Michel , recouvert de couronnes mortuaires . Un incident venait de se produire : Le Vénérable Maître  de la Loge maçonnique  « La Philosophie sociale » à l’Orient  de Paris (Grande Loge Symbolique Ecossaise Mixte) avait voulu épingler sur le drap un ruban bleu orné portant un delta doré . Des protestations s’étaient élevées : « Pas de récupération » disait-on « Louise Michel appartient à tout le monde !» Alors , il était allé déposer l’insigne Maçonnique au milieu des fleurs écarlates .

 Le cortège continue sa route , formé des délégations , partis ouvriers , socialistes , loges Maçonniques , instituteurs , groupes antimilitaristes , anarchistes , syndicalistes , anciens communards , Libres penseurs . Parfois , un chant s’élève , « La Carmagnole » ou « L’Internationale » , des exclamations fusent « Vive la Révolution » , « Vive l’Anarchie » ou « A bas la calotte ! »

On dit que le Préfet Lépine , dissimulé dans un fiacre , surveille la manifestation , prêt à donner des ordres de dispersion , s’il le fallait .

Dans la foule , on reconnaît Edouard Vaillant , Marcel Sembat , Aristide Briand , on sait que l’éloge funèbre sera prononcé par la journaliste Séverine (ex-secrétaire de Jules Vallès).

 Qui est donc cette femme , si respectée , si populaire ?

 Parce qu’elle est née en 1830 (année de l’insurrection contre Charles X) et morte en 1905 (année de la séparation des églises et de l’état) sa vie couvre les 2/3 du 19° siècle et donne une image précise de l’histoire de cette époque , de ses luttes pour l’émancipation sociale .

De plus , il est intéressant de découvrir dans la complexité de son itinéraire très personnel , quelles ont été les rencontres qui l’on conduite sue la fin de sa vie , à demander la Lumière .

L’ambigüité a pesé sur sa naissance :elle est bâtarde d’une servante et d’un châtelain , le père ou le fils , nul ne sait.Ceux qu’elle appelle ses grands parents l’élèvent , conservant à sa mère le statut de domestique .

L’éducation qu’elle reçoit est libérale , voltairienne , sa culture empreinte de l’esprit de Rousseau et des encyclopédistes , à laquelle s’ajoute une exaltation de « la vertu » au sens jacobin du terme .

Penchée sur les humbles , soucieuse de la peine de chacun , gens et bêtes ,  elle grandit dans la conscience de l’injustice , s’apercevant que la charité ne règle rien .

A 20 ans, son objectif est clair: sous ce second empire qu'elle déteste, elle se veut républicaine et sera institutrice. 

Mais elle refuse de prêter le serment des fonctionnaires à Napoléon III et très vite , ouvre dans le département de Haute-Marne une école privée laïque .

Elle est passionnée par son métier , inventant des méthodes modernes , ayant un sens aigu de la relation d’éveil intellectuel et de l’outil émancipateur que pouvait être l’Ecole .

Quelques années plus tard , elle quittera sa province pour Paris .

Elle se mêlera ainsi  à l’effervescence intellectuelle des cercles républicains , côtoyant ainsi de jeunes socialistes et blanquistes , les FrèresRaoul Rigaut , Jules Vallès , Emile Eudes .

Elle côtoie également les premières féministes de la « Société pour la revendication des Droits des  femmes »  (Mme Jules Simon , Noémie Reclus , Andrée Léo , Paule Minck et la future S° Maria Deraismes .

Elle devient peu après secrétaire de la « Société de moralisation des femmes » crée pour procurer aux femmes seules un emploi leur permettant d’échapper à la prostitution .

La jeune femme s’affirme , fréquente les Frères  Rochefort , Auguste Blanqui , Benoît Malon .

Institutrice puis directrice d’école à Montmartre dont le jeune maire est Clémenceau , son rêve était d’être poète , comme Victor Hugo avec qui elle a longtemps correspondu , et elle n’a jamais cessé tout au long de sa vie , sa production d’écriture , articles de journaux , poèmes , pièces de théâtre , romans , essais , pamphlets , ses souvenirs .

Grande femme brune , toujours vêtue de noir , elle aimait sa mère d’un amour fou et ambivalent , et puis elle aimait …..ses chats…. 

Ses axes de vie  étaient

APPRENDRE TOUJOURS ET PARTAGER SON SAVOIR

SOULAGER LA MISERE ET POUR CELA , PRÊCHER LA REVOLUTION

Si son virage révolutionnaire date des années de déclin du second empire où elle fréquente les clubs blanquistes , La Commune de Paris fut pour elle un tournant politique capital . Elle s’engage complètement dans le combat pour une République Démocratique et Sociale , préside la Société de vigilance du 18¨arrondissemnt , anime un club où est libre la parole des femmes , envoie à la commission de l’enseignement présidée par Edouard Vaillant un projet de méthode pédagogique , réclame l’ouverture de formations professionnelles féminines et la laïcisation des écoles , propose la scolarisation des déficients intellectuels .

Elle fait l’ambulancière , organise la solidarité , monte sur les barricades .

C’est dans cette action qu’elle vit avec Théophile Ferré un compagnonnage qui prendra fin avec l’exécution de celui-ci .

Pendant la semaine sanglante , alors qu’elle veut aller voir sa mère après la chute de la barricade de Clignancourt et découvrant que celle-ci a été arrêtée , elle se livre à la police en échange de sa liberté .

Détenue à Satory puis à la prison des chantiers à Versailles , elle brave le conseil de guerre pendant son procès :

« Je ne veux pas me défendre , je ne veux pas être défendue , dit-elle . J’appartiens à la Révolution sociale et je déclare accepter la responsabilité de mes actes ….Puisqu’il semble que tout cœur qui bat n’a droit qu’à un peu de plomb , j’en réclame ma part . …..Si vous me laissez libre , je ne cesserai de crier vengeance . »

Elle est condamnée à la prison perpétuelle dans une enceinte fortifiée . Elle a 41 ans .

Elle passera 2 ans à Auberives (Haute-Marne) puis est embarquée vers la Nouvelle-Calédonie où elle restera 7 ans , surmontant mieux que d’autres sa condition de déportée par la richesse de sa personnalité et par la force de son caractère .

Républicaine définitivement déçue , elle parfait son analyse de l’échec de la Commune , et , avec les autres déportés anarchistes , souvent F°M° (Jourde , Allemane , Ballière , Malato) son approche de la pensée libertaire .

Elle entre aussi en contact avec les kabyles déportés après leur révolte en Algérie et avec les canaques , les aimant sans paternalisme ,ni condescendance mais avec respect et fraternité , traduisant leurs légendes , soutenant leur cause , ayant la conviction que la qualité de la personne n’a rien à voir avec sa différence .

Bénéficiant de l’amnistie générale de 1880 , Louise quitte la Nouvelle-Calédonie et rentre en France , accueillie par Rochefort et Jules Vallès . Elle 50 ans .

Convaincue que l’Anarchie est la seule voie possible pour amener l’âge d’or et l’harmonie universelle , elle va consacrer les 25 dernières années de sa vie à des tournées de conférences , et devient la femme la plus surveillée par les services de police .

 De 1880 à 1890 , pendant les 10 années suivant son retour de déportation et son arrivée triomphale , elles est de tous les combats et devient le leader charismatique des foules ouvrières , idoles des déshérités de toute espèce , criant vengeance pour toutes les femmes humiliées , pour tous les ouvriers exploités , pour le peuples colonisés .

Elle donne des centaines de conférences à Paris et en province sur les thèmes suivants :

-     L’Anarchie par l’abstention au suffrage universel et le refus de payer impôts et loyers

-     la grève générale et la prise de possession des lieux et outils de production

-     le refus du service militaire

-     l’internationalisme

-     la lutte contre la prostitution

-     le combat des femmes pour leur émancipation .

 

La prostitution a ,  à cette époque , 2 voies parallèles :

-     la prostitution officielle en maisons closes ,  médicalement et policièrement contrôlée et

-     la prostitution occasionnelle des ouvrières , liées aux trop maigres salaires , aux grèves non rétribuées , au célibat , au veuvage , au droit de cuissage , à tout ce qui fait la misère ouvrière .

Sensible à ce problème , le gouvernement révolutionnaire de la Commune de Paris , dès Mai 1871 , avait fermé 19 maisons de tolérance et avait supprimé le bureau des mœurs au nom de la liberté de la femme.

Mais la parenthèse communarde refermée , l’état revient à la case départ .

Plusieurs fois détenue à « La petite Roquette » ou à « St Lazare » , les prisons de femmes , Louise les connaît bien , les prostituées , elle leur parle , les questionne , les soutient ,      se dit « leur grande sœur » .

« Il y a entre les propriétaires des maisons de prostitution échange de femmes , comme il y a échange de chevaux ou de bœufs entre agriculteurs …..Quand les michets trouvent une femelle trop surmenée ou qu’ils en sont las , le propriétaire s’arrange pour que la fille doive à la maison une somme dont elle ne pourra jamais s’acquitter ; cela la rend esclave , alors , on la troque dans tous les maquignonnages possibles . »

 Louise sait que la prostitution n’est qu’une facette de l’appropriation du corps des femmes par les hommes .

« Est-ce qu’il n’y a pas des marchés où l’on vend , dans la rue , aux étalages des trottoirs , de belles filles du peuple , tandis que les filles des riches sont vendues pour leur dot ? L’une , la prend qui veut ! L’autre , on la donne à qui on veut ……La femme elle-même doit être l’artisan de son émancipation . »

La relation de Louise Michel à la cause des femmes s’ordonne autour de 3 points :

-     la lutte pour l’acquisition des droits civils

-     le refus d’engagement pour ses droits civiques

-     le souhait de ne pas en faire une classe spécifique

 En vigueur depuis 1804 , le Code Napoléon a institué l’incapacité juridique de la femme , considérée comme mineure , et se trouvant entièrement sous la tutelle de ses parents puis de son mari (le mari doit protection à sa femme , et sa femme obéissance au mari !...) Elle ne peut accomplir d’acte juridique ou exercer une profession sans l’autorisation de son mari et n’a aucun droit d’administration des biens communs .

Louise dénonce la différence de condition entre les 2 sexes et de ce fait , des fléaux sociaux qui en découlent .

« Aujourd’hui que tombent les rois et les dieux , la tyrannie de l’homme sur la femme doit disparaître avec le reste . »

 En ce qui concerne les droits civiques , alors que le suffrage universel , institué depuis 1848 ne considère que le suffrage masculin et que les femmes n’ont aucun droit civique et ne peuvent voter , la sensibilité anarchiste de Louise qui réfute le suffrage universel lui-même la met en conflit avec les féministes réformistes

« Que feraient les femmes de droits poitiques dont les hommes ne jouissent pas et qui sont morts…..Peut on encore parler de suffrage universel sans rire ? Tous , sont obligés de reconnaître que c’est une mauvaise arme , que du reste le pouvoir en tient le manche ce qui ne laisse guère aux bons électeurs que le choix des moyens pour être tondus ou endormis … »

 Enfin elle souhaitait que les femmes ne soient pas une classe à part , devant déboucher sur une lutte spécifique et cela la met aussi en conflit avec les féministes pures et dures

« Pourquoi la femme chercherait elle à établir une dualité des sexes , alors que  mâles et femelles ont tant besoin de s’unir , de s’entendre , de s’aimer … »

 

  De réunions en conférences publiques elle insiste sur la nécessité de donner aux femmes  une éducation qui les mette en mesure de gagner leur vie car le travail seul pourra fonder leur liberté .

« Le moment est venu de prendre notre place dans la société …..nous voulons le mariage libre , où l’homme ne sera plus le propriétaire de la femme ….nous voulons l’instruction égale ! 

« Nous voulons apprendre aux femmes quels sont leurs droits et leurs devoirs . Nous voulons que l’homme ne regarde sa compagne non comme une esclave mais comme une égale ! »

 

Louise Michel soutenait toutes les forces de changement .

On trouve dans sa garde rapprochée Léonie Rouzade , cofondatrice de « l’Union des femmes » , groupe féministe socialiste .

Elle est en contact avec Madame Vincent , qui fonda « la ligue de l’affranchissement des femmes » , et même des féministes bourgeoises comme Marguerite Durand ou la Duchesse d’Uzès . Elle milite avec Maria Pognon (une S° du DH) qui est présidente de la « Ligue française pour le droit des femmes »

La Soeur  Nelly Roussel  voit en elle  « un apôtre du féminisme »          

Elle se rendait célèbre par des discours imprécateurs :

-     l’éloge funèbre de Blanqui en janvier 1881 :

« Blanqui , ta mort est une apothéose …Sur ta tombe , faisons le serment de continuer le combat ! »

-     en 1882 à Versailles , ville réactionnaire , capitale de la répression de la Commune , sa présence est ainsi affichée :

« Grand meeting , organisé par la jeunesse anarchiste , avec le concours de Louise Michel , le dimanche 24 Septembre

Ordre du jour : La révolution sociale

Et elle y dit « malgré les 34 000 morts , malgré les persécutions et les déportations , la révolution est revenue et écrasera ses ennemis de sa marche , comme la locomotive broie les obstacles qui lui sont opposés . »

-     la manifestation du pain en 1883 qui lui vaudra une arrestation , un procès grandguignolesque et une condamnation à 6 ans de réclusion .

-     le discours du théâtre du Château d’eau en 1886 avec Jules Guesdes , Susini et le Frère Lafargue

« Sous la république que nous subissons , nous ne voyons que des infamies . Nous ne voulions pas des expéditions du Tonkin et de la Tunisie . Les finances passent à des crimes . Nous sommes dans un coupe-gorge , il faut se débarrasser des assassins. »

(ils sont condamnés tous 3 à 4 mois de prison )

-     les rassemblements de Saint Etienne et Vienne , pour préparer la grande manifestation du 1° Mai 1890 . Elle est à nouveau arrêtée et incarcérée .

Elle a 60 ans . Lorsqu’elle est libérée , elle décide de s’installer à Londres , dont la tradition libérale a fait le haut lieu des exilés anarchistes d’Europe .Avec sa compagne , Charlotte Vauvelle , elle y restera 5 ans .Là , elle donne des conférences en français , ouvre pendant quelques mois une école internationale pour les enfants de réfugiés politiques .

Elle est présente à toutes les réunions publiques , fréquente les exilés anarchistes , allemands , russes (Krotopkine) espagnols , italiens (Malatesta) retrouve Henri Rochefort et surtout écrit l’HISTOIRE DE LA COMMUNE .

C’est pendant qu’elle est à Londres que sévit en France la vague d’attentats anarchistes qui engendre la condamnation à mort et l’exécution de leurs auteurs mais aussi des lois qui limitent la liberté de la presse et interdisent la propagande anarchiste .

Cependant  , même si elle est essentiellement anarchiste et malgré sa violence verbale , Louise condamne de façon très ferme les attentats meurtriers , prenant ses distances avec les défenseurs de la violence terroriste  et de l’individualisme .

Convaincue de revenir en France par le Frère Sébastien Faure , chef de file des anarchistes , elle rentre en 1895 et répond à toutes les sollicitations pour marteler le message de la révolution égalitaire dans des milliers de pages , dans des centaines de meetings .

Elle fonde avec lui le journal « Le Libertaire » et continue d’aller prêcher la parole révolutionnaire dans les départements du Nord , en Hollande , puis en Belgique d’où elle est expulsée .Elle choisit alors de résider définitivement à Londres , ne revenant en France que pour ses tournées de conférences .1903 et 1904 la voient surtout dans le midi de la France .Elle effectue un voyage en Algérie .

Vieille dame usée de 74 ans , c’est à Marseille qu’elle meurt d’épuisement et des suites d’une grave pneumonie .

Quelques mois auparavant , le 13 Septembre 1904 , l’atelier « LA PHILOSOPHIE SOCIALE » de la Grande Loge Symbolique Ecossaise et Mixte n°2 à l’Orient de Paris l’avait initiée .

C’est la Sœur  Madeleine pelletier qui l’avait présentée et Louise eut la joie de retrouver là le Frère  Charles Malato , écrivain , journaliste et militant libertaire , qu’elle avait connu en déportation et retrouvé à Londres .

Parmi les Soeursde la GLSEM n°2 , la plupart des femmes , journalistes , enseignantes , médecins , marquaient leur époque par un très fort engagement politique et appartenaient aux mouvements socialistes de l’époque , abordant par la parole et par l’écrit les questions jusque là tabous : mariage et amour libre , procréation et liberté sexuelle , …et…l’admission des femmes dans les loges maçonniques .

Au lendemain de son initiation , lors du Convent organisé par la loge « Diderot » , elle s’exprima ainsi :

« Il y a bien longtemps que j’aurais été des vôtres si j’eusse connu l’existence de loges mixtes .

…..Devant le grand idéal de Liberté et de Justice , il n’y a point de différence d’hommes et de femmes .A chacun son œuvre …..Le duel des sexes serait ridicule et odieux ….. Il n’y a pas de femme contre l’homme , il y a l’HUMANITE. »

Ainsi vécut Louise Michel

Personnage à la limite de l’histoire et de la légende , elle a été , elle est , un extraordinaire exemple .

Eternelle insurgée , rebelle , révolutionnaire , elle refusât d’accepter comme inévitables la misère et les souffrances qui proviennent de l’inégalité et de l’injustice .

Elle rêvait : Liberté de conscience , Egalité par l’harmonie universelle , Frat° entre les hommes et les femmes , et une société meilleure , dans laquelle l’ignorance et l’illétrisme n’existeraient plus .

 Elle s’inscrit dans la lutte émancipatrice jusqu’à son dernier souffle , dans une perméabilité complète du discours et de l’action , et elle doit son prestige à son désir d’absolu , son intérêt à la diversité de sa richesse humaine et même à ses contradictions . C’est pour cela qu’elle représente à jamais

            L’image de L’ENGAGEMENT ET DE LA MODERNITE

            L’image de L’AMOUR DE L’HUMANITE

            L’image de LA FRATERNITE ;

 Avant de terminer ce travail , je voudrais évoquer ce que l’on ignore souvent , car c’est de la politique (« la vierge rouge » « la pétroleuse » « la Velleda de l’anarchie ») et de l’Humaniste dont on se souvient (« la bonne Louise » « la bonne sœur laïque »)

C’était aussi une femme enjouée , aimant plaisanter , extrêmement cultivée , curieuse de tout ce qui était scientifique , sachant jouer du piano , douée pour le dessin , s’enthousiasmant pour les progrès de la technique .

Elle est partie en Nouvelle Calédonie –déportée de la Commune- mais avec une accréditation de la Société Nationale de Géographie pour étudier sur place la faune et la flore .Elle a fait une conférence en présence de Jean Moréas et Emile Verhaeren sur « Les différentes écoles littéraires , classique , romantique , naturaliste et décadente. »

 Si ses romans assez misérabilistes (la Misère , le Claque-dents , l’Ere Nouvelle )et ses poèmes quelquefois apocalyptiques sont difficilement lisibles et marqués par l’époque , ses « Mémoires » et l’ »Histoire de la Commune et Souvenirs » sont des témoignages dignes d’intérêt et ses Contes pour enfants sont jubilatoires . A une époque où triomphait la Bibliothèque Rose et la Comtesse de Ségur , apprenant aux petits que les bienfaits de la Vertu ne s’acquièrent que dans la religion et en suivant l’exemple de nos valeureux ancêtres , les histoires de Louise Michel , certes très noires , disent que le passé est un temps révolu , qu’il n’y a rien à attendre des puissants , mais que c’est avec les humbles , les rejetés , les humiliés qu’ils devront préparer l’avenir , dans la générosité pour rendre les autres meilleurs et faire qu’adviennent des temps nouveaux .

Une dernière citation :

                                   « Rudes , seront les étapes ,

                                   Elles ne seront point éternelles .

                                   Ce qui est éternel c’est le Progrès

                                   Mettant sur l’horizon un idéal nouveau

                                   Quand a été atteint celui qui ,

                                   La veille , semblait Utopie . »

                                                                                  Louise Michel

                                                                                                         

Nicole Foussat

Conférence

9 Mai 2011

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Published by Jacques Viallebesset - dans Louise Michel et la Commune
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11 mai 2011 3 11 /05 /mai /2011 14:25

Invitation-28-Mai-edc

 

BdC-ecorce-des-coeurs

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 08:17

Athanordespoetes-1ecouvJacques Viallebesset a l'immense plaisir d'être , au milieu de quelques cent -vingt poètes et poétesses , présent dans "L'athanor des poètes", l'anthologie 1991-2011 réalisée par Danny-Marc et Jean-Luc Maxence. Vingt ans de recherche, de travail, de découvertes menés de manière obstinée pour défendre, dans l'indépendance et hors des chapelles, des a-prioris, des idées toutes faites LA poésie, sous ses multiples facettes.C'est un kaleîdoscope bariolé qui est ainsi offert par Les cahiers du sens et Le nouvel athanor.Quelle meilleure preuve que cette anthologie pour montrer , à travers ses divers courants, que la poésie est "bien vivante". Loin des institutions, elle court de bouche à oreilles, elle s'infiltre, elle innerve tout ce qui bruisse, frémit, pense, vit. Grand merci à Danny-Marc et Jean-luc Maxence de m'honorer ainsi...

 

L'athanor des poètes.

Editions Le nouvel athanor.

266 pages. 20 E TTC.

en vente en librairie.

Diffusion Soleils

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10 mai 2011 2 10 /05 /mai /2011 08:04

    page38webEncore quelques mois à attendre avant que les vengeurs reviennent dans "La vallée des hommes", l'album de bande dessinée qui leur est consacré ,adapté du roman "La conjuration des vengeurs" de L.Ducastel et J.Viallebesset (éditions Dervy), par Joelle Savey et Cyrille Ternon. Le premier tome sort aux éditions Glénat le 5 Octobre .Comme vous voyez, lorsque le capitaine Marc Delano rencontre l'un des défenseurs de "l'Occident chrétien"et des "valeurs morales" , grand pourfandeur de francs -maçons , le dialogue n'est pas "politiquement correct"....

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Published by Jacques Viallebesset - dans La Conjuration des Vengeurs
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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 16:23

1deCouve EDCDans un style limpide, direct et accessible au plus grand nombre, Jacques Viallebesset rejoint les chants les plus beaux de la poésie contemporaine, entre le lyrisme d'un Louis Aragon et le souffle universel d'un Paul Eluard. L'écorce des coeurs nous concerne tous puisqu'il célèbre l'éphèmère d'une grande passion. L'écriture est érotisme, le chant, espérance blessée. Voilà bien un nouveau romantisme pourun début de siècle en attente d'un seul regard pour repeindre l'arc-en-ciel.

Le chroniqueur(Jean-claude Pirotte) du magazine "Lire" a raison d'écrire: "  l'amour trouve rarement un interprète aussi constant". Le microcosme de la poésie contemporaine a déjà remarqué ce recueil d'une écriture exceptionnelle et d'une hauteur de vue bouleversante.

 

 

106 pages. 14X 21. Illustré par Jérome Toret.17 E. isbn: 9782356230225.

Commandes libraires à: Diffusion Soleils. Tel: 01 45 48 84V 62. Fax: 01 42 84 13 36.

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 15:40

J'aime bien le recueil dans son ensemble parce qu'il ne cède pas à l'obscurantisme facile; ce que l'auteur dit éprouver est direct, clair et le lecteur peut s'y sentir associé ; les assonances, les allitérations me plaisent beaucoup et donnent des échos aux vers .Pour autant, l'auteur n'est pas inféodé à la forme académique; à preuve l'absence de ponctuation qui évoque la fluidité du temps qui glisse ; par ce biais, le lecteur devient, en partie, co-auteur du poète.A ce propos, je m'associe à cette idée que "le temps presse" mais qu'il faut , avec celà en conscience, profiter de l'instant. Comme si nous étions en suspens: " un court moment la tendresse caresse la Vérité". Je sens des accents verlainiens dans quelques pièces: "Femme ma déchirure","Complainte de l'ombre". Mais aussi , la force de Baudelaire dans cette interrogation fondue . Le quart des poèmes (13 sur 56)s'adresse à Elle,directement par l'apostrophe "tu" . Le lecteur peut-il se la représenter physiquement ou psychiquement? Certes pas. D'ailleurs, elle n'est jamais décrite à la troisième personne. Elle est vénération dans les grâces qu'elle procure. N'est-elle pas un miroir où s'attendrissent les reflets de l'âme de l'auteur? L'amour qu'elle procure et déclenche est tout autant sensuel qu'édenique, fusionnel. N'écrit-il pas à la fois son absence et la sienne: " Tu es loin et je suis absent de moi". Parfois de l'amertume quand l'inévitable se produit :l'arrachement à la fusion. Du coup, j'ai l'impression, par le ton désespéré de lire Baudelaire:"Les miettes  brisées de mon coeur dans une besace pleine d'espérances inutiles et de désirs bafoués". Au fond, voici ce que j'éprouve: un désir inassouvi de l'Un , qui reste insaisissable dans le déroulement du temps de l'Amour, qui, seul, peut apporter la plénitude verticale, du corps à l'esprit. On le sent bien dans "Moitié d'orange"au si beau et doux mouvement. Ce suspens, ce regret à peine perceptible est suggéré au lecteur, non par les mots et leur sens, mais par la prosodie: la fin (?) des poèmes tournent souvent sur une hésitation. Impression d'inachevé due à la rime féminine dernière. Ou, au contraire, bouclage sur la peur, la crainte, ou l'espoir . Car on n'en finit jamais de dire et nul ne sait ce qu'il peut arriver. A relire: " Je crois aux fenêtres de l'avenir"(P 71) et "espoir, toujours vain espoir"(p 91). Comme si, sous l'écorce des mots, l'âme flottait, éperdue et indécise.Je remercie Jacques Viallebesset pour les belles émotions que ses poèmes m'ont procurées.

Jacques Fontaine, Auteur.

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Published by Jacques Viallebesset - dans Les critiques de l'écorce des coeurs
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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 05:00

Ma femme à la chevelure de feu de bois

Aux pensées d'éclair s de chaleur

A la taille de sablier

Ma femme à la taille de loutre entre les dents du tigre

Ma femme à la bouche de cocarde et de bouquets d'étoiles de dernière grandeur

Aux dents d'empreinte de souris blanche sur la terre blanche

A la langue d'ambre et de verre frottés

Ma femme à la langue d'hostie poignardée

A la langue de poupée qui ouvre et ferme les yeux

A la langue de pierre incroyable

Ma femme aux cils de bâton d'écriture d'enfant

Aux sourcils de bord de nid d'hirondelle

Ma femme aux tempes d'ardoise de toit de serre

Et de buée aux vitres

Ma femme aux épaules de champagne

Et de fontaines à têtes de dauphins sous la glace

Ma femme aux poignées d'allumette

Ma femme aux doigts de hasard et d'as de coeur

Aux doigts de foins coupés

Ma femme aux aisselles de martre et de fênes

De nuit de la Saint-Jean

De troène et de nids de scalares

Aux bras d'écume de mer et d'écluse

Et de mélange du blé et du moulin

Ma femme aux jambes de fusée

Aux mouvements d'horlogerie et de désespoir

Ma femme aux mommets de moêlle de sureau

Ma femme aux pieds d'initiales

Aux pieds de trousseaux de clefs aux pieds de calfats qui boivent

Ma femme au cou d'orge imperlé

Ma femme à la gorge de val d'or

De rendez-vous dans le lit même du torrent

Aux sens de la nuit

Ma femme aux seins de taupinière marine

Ma femme aux seins de creuset du rubis

Aux seins de spectre de la rose sous la rosée

Ma femme au ventre de dépliement de l'éventail des jours

Au ventre de griffe géante

Ma femme au dos d'oiseau qui fuit vertical

Au dos de vif argent

Au dos de lumière

A la nuque de pierre et de craie mouillée

Et de chute d'un verre dans lequel on vient de boire

Ma femme aux hanches de nacelle

Aux hanches de lustre et de pennes de flèche

Et de tiges de plumes de paon blanc

De balance insensible

Ma femme aux fesses de grès et d'amiante

Ma femme aux fesses de dos de cygne

Ma femme aux fesses de printemps

Au sexe de glaïeul

Ma femme au sexe de placer et d'ornithorynque

Ma femme au sexe d'algue et de bonbons anciens

Ma femme au sexe de miroir

Ma femme aux yeux pleins de larmes

Aux yeux de panoplie violette et d'aiguille aimantée

Ma femme aux yeux de savane

Ma femme aux yeux d'eau pour boire en prison

Ma femme aux yeux de bois toujours sous la hache

Aux yeux de niveau d'eau de niveau d'air de terre et de feu.

 

 

 

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