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10 juillet 2012 2 10 /07 /juillet /2012 16:59

Dans le ciel du néant. traduit du grec par Michel Volkovitch. Editions Al-Manar. " voix vives de Méditerranée en Méditerranée". 64p, 10 E 

 

C'est dans la collection du festival que paraît Dansle ciel du néant, puisque Katerina Anghelaki-Rooke en est l'une des invitées. Après avoir chanté l'amour, confessé ses sentiments les plus intimes et observé chaleureusement le réel le plus humble,c'est d'une voix angoissée par l'approche de la mort qu'elle essaie de retenir quelques parcelles de vie. " Ma seule participation au monde/c'est ma respiration";" c'est que je me consacre tout entière/ le visage qui me promettra/ l'éternité du dernier présent/ pour un instant", écrit-elle avec regret. La vie s'en va lentement, s'écoulant dans une langue qui s'est dépouillée, est devenue limpide. De ce chant qui prend souvent l'allure d'un ultime adieu naît une émotion qui n'en est que plus intense. Certes, c'est la vie bruissante et palpitante qu'elle évoque dans chaque mot, mais elle en parle au passé et avec nostalgie et mélancolie. Le chant qui a exprimé avec lyrisme et délicatesse les sucs et les saveurs de la nature s'est fait murmure et confidence. Elle qui a chanté avec grâce toutes les beautés du monde se retrouve ' sans voix" car elle ne peut imaginer un monde qui ne naisse pas sans cesse. Mais la mort estlà, qui hante les pages. Pourtant nulle tristesse morbide dans cette poésie; au contraire, une sereine joie d'être y affleure. "Ah qu'il était beau l'Amour", s'exclame-t-elle en évoquant les plaisirs charnels passés; désormais elle assure , philosophe, que "Quant au dernier amour/ Il est comme le premier/ Il pousse dans le champ de Platon". Katerina Anghelaki- Rooke affirme qu'elle " n'écrira jamais / avec l'encre de la Vie/ le mot FIN", tout en s'interrogeant sur les traces qu'elle laissera. Qu'elle soit rassurée: elle qui a si bien décrit"le mouvement des bêtes, leurs petites pattes douces, les ailes déployées", a déposé ici, des mots graciles comme des traces d'oiseaux; mais ses mots ont encore des ailes qui permettront à sa poésie de longtemps s'envoler dans le ciel.

 

Je me demande quels autres arrangements

la vie va inventer

entre la débâcle d'une disparition définitive

et le miracle de l'immortalité chaque jour.

Je dois ma sagesse à la peur:

je jette

pétales, soupirs , nuances,

L'air, la terre, les racines, je les garde,

je veux lâcher le superflu

pour entrer dansle ciel du néant

avec presque rien.

 

Magazine Littéraire Juillet-Aout 2012

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Published by Jacques Viallebesset - dans chroniques d'AJL
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