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31 mars 2014 1 31 /03 /mars /2014 05:00

1deCouve EDC186 triNum 044 B

 

Quand on est dans le monde

Prisonnier des jours qui se suivent,

Quand on est pris dans cette guerre sans pitié,

On ne pense jamais que l’Amour, le seul, existe.

On ne prend  pas le temps. Et puis, et puis…

Un jour, on est couché dans un lit

Auprès de la seule femme qu’on n’ait jamais aimée

Et tout le reste a disparu, à jamais.

Les jeux périlleux du monde se sont déroulés

Dans une autre vie, ailleurs.

On ne veut plus les connaître.

On ne peut plus les revoir.

Adieu mensonges vains, adieu semblants, adieux combats !

Ce seul lit est le désert et c’est l’oasis.

C’est la mer des sables et l’océan des eaux.

Et elle est plus belle, rafraichissante et douce

Que les caravaniers ne l’avaient dit,

Que ne l’espéraient les marins.

Nous nous mettons à vivre

A l’abri d’un monde ou nous mourions

Inexorablement jour après jour,

Ou, moi, du moins, je mourais ;

Elle pose sa tête sur mon épaule

Les lèvres posées sur mon cou

Et caresse mes cheveux.

Quarante- huit heures  pour changer une vie

Ce n’est pas long, c’est très court.

Crois-tu qu’il y aura beaucoup de jours ?

Demande-t-elle …

Un brasier dont la flamme naît

D’aussi loin que la nôtre,

Dans les sourdes braises du cœur,

Ce brasier, sans fin ni cesse

Au moindre souffle d’air se ranime.

Puis nous nous endormons, la main dans la main

Ce qui double la profondeur du repos

Car les courants magnétiques

D’elle et de soi, par les paumes des mains

S’échangent et s’additionnent.

Quand on dort ainsi, quand on dort enfin,

Dans ce monde ou l’on n’avait jamais dormi

Quand on peut enfin déposer les armes

Et abandonner ses défenses,

Ce qu’on n’a jamais connu ni même imaginé,

L’étrange est qu’on ne s’étonne pas.

C’est naturel, c’est vrai,  c’est simple,

Alors que tout le reste était inextricable.

C’est évident, alors que tout était complexe.

Et l’on est à ce rendez-vous

Et à cause de l’espoir trop grand on le rate

Parce qu’on l’attendait depuis si longtemps.

La suite horizontale des jours

Parait-il reprend alors son cours…

Les jours viennent et s’en vont,

Je demeure, a dit Guillaume.

Ô temps, suspends ton vol

Lui a répondu Alphonse.

Et moi échoué comme un navire

Sur une île maintenant déserte.

Crois-tu qu’il y aura beaucoup de jours ?

Demande-t-il ?

Un brasier dont la flamme naît

D’aussi loin que la nôtre,

Dans les sourdes braises du cœur,

Ce brasier sans fin ni cesse

Au moindre souffle d’air se ranime.

Il brulera jusqu’à la fin de nos jours.

On se réveille alors la main dans la main

Ce qui double l’intensité de la vie

Dans un matin éclaboussé de délivrance

Car les courants magnétiques

S’échangent et s’additionnent.

Quand on s’éveille ainsi,

Quand on s’éveille enfin,

Dans cette vie où l’on ne s’était jamais éveillé

Quand on peut enfin laisser couler les larmes

De la seule joie et abandonner son chagrin,  

Ce qu’on n’a jamais connu ni même imaginé,

L’étrange est qu’on ne s’étonne pas.

C’est naturel, c’est vrai, c’est simple,

Alors que tout le reste était inextricable,

C’est évident alors que tout était complexe

Et l’on est au seul rendez-vous

Même si on ne l’attendait plus,

Car il n’est pas trop tard.

La suite verticale des jours

Reprend alors enfin son cours…

Je pose ma tête sur son épaule

Les lèvres posées contre son cou

Et je caresse ses cheveux…

 

Copyright LE NOUVEL ATHANOR 2011 . Disponible sur la boutique en ligne de l'éditeur www.lenouvelathanor.com  

 

 

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Published by Jacques Viallebesset - dans Ecorce des Coeurs
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